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Commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918

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David Lisnard a présidé les cérémonies du souvenir à l’occasion de la commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918, marquée cette année par la célébration du centenaire de la première Guerre mondiale.

A cette occasion, le maire de Cannes a procédé aux traditionnels dépots de gerbes devant les monuments aux morts de La Bocca et de l’Hôtel de Ville saluant la mémoire des combattants cannois tombés au champ d’honneur au cours du conflit.

Discours de David Lisnard à l’occasion du 96ème anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918

Chaque onze novembre, le monde combattant de Cannes et de sa région ranime, au côté de la municipalité, comme sur l’ensemble du territoire national, la flamme du souvenir de nos morts tombés pour l’honneur de la France au cours de la première Guerre Mondiale.

Avec lui, de nombreux Cannois qui n’ont jamais pris part à aucun combat de l’histoire mais qui portent en eux la reconnaissance et l’admiration pour leurs pères, viennent s’incliner au pied de ce monument qui supporte la longue litanie de nos disparus. Un million quatre cent mille soldats français ont péri parmi les 18 millions de victimes de ce conflit. C’est devant leur souvenir que nous sommes venus nous incliner aujourd’hui avec respect et dignité.

Respect, oui tel est le mot qui me vient à l’esprit et qui m’évoque le plus justement le sens de notre rassemblement patriotique. Le respect de la bravoure de nos aînés dans les tranchées ; ils ont donné leur vie en sacrifice pour notre pays, pour ses valeurs, pour notre drapeau.

Avec toutes celles et tous ceux qui, dans leur cœur, portent le souvenir d’un être cher parti au combat sans jamais en revenir, avec tous ceux et toutes celles qui ont fait à la France le don d’un père, avec celles qui lui ont abandonné un mari, nous voulons ce matin honorer la mémoire de nos combattants, nous voulons ce matin relire cette histoire qui est devenue leur épreuve et qui participe à notre identité française.

Les fils de France qui combattirent sur les champs de batailles de la première guerre mondiale, ceux qui y restèrent autant que ceux qui en sont revenus, reposent tous désormais. Mais le devoir d’un peuple qui doit sa condition et sa liberté au courage, à l’abnégation et au sacrifice de ses aînés réside dans la flamme de la mémoire, l’entretien, la sauvegarde et la célébration des valeurs de courage, d’honneur, d’abnégation qui les ont emportés.

Oui, mes amis, c’est bien le respect qui nous pousse à l’hommage ce matin, le respect de nos aînés, le respect aussi des valeurs pour lesquelles ils se sont battus, pour lesquelles ils ont souffert la faim, la peur, le froid, la boue des tranchées. Ces valeurs sont celles que la France porte en elle depuis ses origines les plus reculées et qu’elle ne doit pas mépriser par l’oubli, des valeurs qui en ont fait la grandeur : la liberté, le courage, la justice, l’indépendance, la paix dans l’honneur.

La guerre de 14-18, la bataille de Verdun, les tranchées et les baïonnettes qui armaient nos poilus face à l’artillerie allemande, témoigneront toujours dans nos cérémonies comme dans les manuels d’histoire d’une tragédie considérable. Cette tragédie a marqué notre culture et changé pour toujours notre vision du monde.

La première guerre mondiale, dont nous marquons cette année le centenaire, a fait basculer l’Europe et le monde dans une autre ère. Elle a modifié les mentalités, changé les politiques, détruit des empires que l’on pensait éternels. La révolution russe, la fin de l’empire austro-hongrois, la chute de la monarchie allemande ont été les conséquences directes de ce conflit.

Cette Guerre mondiale a changé aussi l’époque et fait basculer une Europe alors à son apogée vers un recul géopolitique et dans le magistère intellectuel qu’elle exerçait, tandis que l’Amérique aspirait à devenir la première puissance mondiale. La vision de l’humanité a changé ; il suffit de lire nombre d’auteurs qui ont vécu les tranchées, à commencer par la sublime et noire œuvre de Céline.

Oui, avec cette « grande guerre », surtout sanglante, les hommes, à titre individuel, ont changé eux aussi. Ils ont vu le progrès servir à faire le mal, ils ont vu la science se subvertir pour tuer, détruire, mutiler. Cette dérive, le IIIe Reich en repoussera les limites de l’horreur et de l’entendement humain, deux décennies plus tard.

Et ces poilus, ces hommes étaient des nôtres, ces hommes étaient de nos familles, c’étaient nos grands-parents ou nos grands-oncles. C’étaient aussi des Cannois et des Boccassiens. C’étaient des Français à qui les jeunes générations doivent le respect.

Ce qui nous rassemble aujourd’hui, ce que nous célébrons, c’est la force de ces millions d’anonymes qui ont accepté, quatre années durant, ce que le monde a de plus inacceptable, par devoir, au nom de leur patrie, au nom de leurs ancêtres, au nom de leurs enfants et de leurs petits-enfants que nous sommes tous.

Leur souvenir ne peut se perdre, la tragédie de leur existence ne peut sombrer dans l’oubli, nos monuments sont là pour nous interpeller et nous rappeler sans cesse à notre devoir de mémoire mais aussi à notre devoir de citoyens plongés dans la réalité contemporaine d’un pays en état de délitement social, économique, politique, moral, à qui il appartient d’agir pour redresser, plus qu’un territoire, plus qu’une histoire, une civilisation.

Et là encore, c’est le respect qui nous rassemble. Le respect de nos aînés, le respect de nos valeurs, et finalement le respect de nous-mêmes qui ne venons pas de nulle part, mais sommes les héritiers d’une tradition, d’une histoire, d’un patrimoine civilisationnel qui a inspiré tant de peuples en quête d’un avenir.

La mobilisation de 14-18 a illustré le rassemblement de la Nation pour renverser le cours de l’histoire, alors que la France était en péril. Aujourd’hui, il nous revient à nous, dans notre actualité, d’éprouver et de concrétiser le même esprit de rassemblement, de respect de notre histoire, de notre patrie, de nos valeurs, de notre drapeau, de nous-mêmes, pour redresser le pays et le défendre dans ses adversités modernes.

Nous devons nous rassembler et soutenir nos soldats engagés à travers le monde pour défendre la liberté et la démocratie ; et je tiens à saluer, en notre nom à tous, les filles et fils de France engagés sous le drapeau. Avec eux, et entre nous, nous devons témoigner de notre cohésion, de notre force, dans l’unité, face aux nouveaux périls qui nous menacent, tel le fondamentalisme islamiste djihadiste qui montre chaque jour, par ses atrocités barbares, de quelles exactions il est capable et à quelle ruine il entend mener la civilisation. Nous devons, à l’extérieur comme à l’intérieur, par les armes et par les valeurs, combattre ce nouveau totalitarisme. Je félicite à ce titre nos soldats, nos gendarmes, nos policiers

C’est à nous, aujourd’hui, notamment aux jeunes générations, de poursuivre l’édification d’un monde de justice, de solidarité, de respect et de paix. Que cet engagement repose, plus que tout autre, sur l’amour de la France, l’amour de son drapeau, de son histoire, de ses valeurs républicaines, de son esprit universel.

Que nous sachions toujours être fidèles à la liberté héritée du sacrifice de nos ancêtres, à l’égalité qui n’a rien à voir avec l’égalitarisme, à la fraternité qui n’est pas qu’un mot mais un véritable art de vivre ensemble dans la force de l’amour.

En cela, l’éducation à l’histoire, l’éducation à la mémoire, l’éducation au civisme qui puise aux sources de notre identité commune, car française et républicaine, quelles que soient nos origines et notre condition, sont essentielles.

Je salue l’action des associations qui œuvrent tout au long de l’année au témoignage auprès des plus jeunes, notamment en milieu scolaire.

Je salue les initiatives prises à l’occasion du centenaire de la première Guerre mondiale, à travers une série d’événements culturels, pour approfondir la connaissance de cette période et notre hommage ; et, je souhaite attirer votre attention notamment sur l’exposition tenue trois jours durant au Moulin Forville autour de Victor Tuby, celle consacrée à l’artisanat d’art des tranchées organisée par le GIP Cannes Bel Âge qui sera inaugurée cet après-midi à 14h 30, au club Noyer à quelques mètres d’ici, rue Félix Faure, suivie d’une conférence « Hommage aux Poilus » animée par Christian Nardini.

Je signale également le concert d’orgue d’airs d’époque 14-18 interprété par Henri Pourtau, à 16 heures, sur les grandes orgues rénovées de Notre-Dame de Bon Voyage et qui sera suivi, à 18 heures, d’une messe de requiem pour tous les morts de ce conflits.

Je veux saluer enfin la présence si régulière, si fidèle, si nécessaire de nos porte-drapeaux et, parmi eux, rendre un hommage particulier à Gilbert CHOURAQUI qui nous a quittés la semaine dernière, à l’âge de 87 ans. Son étendard flottait si régulièrement aux abords de nos monuments et plaques commémoratives. J’exprime à ses proches mes condoléances émues et notre soutien.

A travers lui, dont je m’incline devant la mémoire, je veux rendre hommage à l’ensemble des porte-drapeaux et leur dire, en notre nom à tous, notre reconnaissance.

« Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie, ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie ». Ces vers de Victor Hugo trouvent en ce onze novembre tout leur sens.

Mes chers amis, voilà le sens de ce rassemblement de la mémoire et de l’espoir, à la fois fidèle au passé et le regard sur l’avenir.

Dans les tourments sociaux, économiques, politiques, moraux que nous traversons depuis plusieurs années, il nous incombe de maintenir un idéal. Cet idéal, il est illustré par le courage, le sacrifice, l’abnégation des hommes de 14-18, mais aussi par la Résistance de 39-45. Cet idéal est profondément français, enraciné en nous. Nous devons en être les héritiers, les dépositaires, les garants, non pour nous-mêmes mais pour nos enfants, dans le prolongement et la continuité d’une histoire.

Puissions-nous, chacun à notre mesure, résister au chaos et entretenir, aux heures difficiles,
une certaine idée de la France, une certaine idée de notre devoir, une certaine idée notre destin commun. Cette certaine idée, cette noble idée a été baignée dans le sang de nos héros ; à leur image sachons éprouver l’amour de la France et agir pour elle au-delà de notre amour propre.

Vive la République ! Vive la France !

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