Accueil > A la Une > En action > Pour Cannes > Covid-19 : nouveau point actualisé sur l’épidémie et ses conséquences économiques

Covid-19 : nouveau point actualisé sur l’épidémie et ses conséquences économiques

Cette semaine, David Lisnard a publié sur son profil Facebook officiel un nouveau bilan de la situation sanitaire liée à l’épidémie au Covid-19 et à ses conséquences économiques.

 » Je vous livre un nouveau point covid que j’ai voulu plus synthétique que les précédents, pour mettre en perspective les évolutions de la contagion depuis fin août à travers quelques indicateurs et des remontées de terrain sur certaines situations significatives. Les données que je présente ici ont été actualisées hier soir. Je vous invite bien sûr à les comparer avec celles que j’avais communiquées en août au début de la reprise de l’épidémie.

D’abord le taux d’incidence (nombre de personnes déclarées porteuses du virus en cumulé sur sept jours glissants, rapporté à 100 000 habitants) :
Il était en France de 39,7 au 24 août, puis de 56,8 au 28 août et de 58,7 au 30 août. Le nombre de personnes contact pour un cas confirmé est passé de 2,6 à 2,5. Quant au taux de positivité (nombre de personnes positives aux tests PCR rapporté à 100 personnes testées), il a augmenté de 3,7% à 4,7% dans le pays. Toujours sur cette période, l’activité covid enregistrée par sos médecins est passée de 5,3% à 6,2% et dans les services des urgences des hôpitaux français, elle est passée de 0,8% du total de l’activité à 1,2% (donc une progression de 50% sur une valeur absolue qui reste assez faible).
Dans les Alpes-Maritimes, comme dans tous les départements classés « rouge », les chiffres sont plus élevés.
Pour rester sur les donnés essentielles :
  • les taux d’incidence dans le 06 était de 109,32 (pour 100 000 habitants) au 28 août, de 124,88 au 2 septembre, 123,12 au 4 septembre et 119,05 hier lundi 7 septembre. Donc après la très forte hausse (en partant d’un niveau très bas) au cours du mois d’août, il y a pour l’instant une légère décrue – ce qui est porteur d’espoir sur un éventuel inversement de tendance – et il est possible que l’on soit actuellement sur un plateau (à regarder avec prudence bien sûr dans les prochains jours et semaines). Sur la même période, l’incidence est passée en région PACA de 100,38 à 118,96 et dans les Bouches du Rhône de 145,84 à 177,34. Le taux d’incidence a fortement augmenté chez les 20-40 ans et l’âge moyen des contaminés a beaucoup baissé par rapport au printemps.
  • le taux de positivité continue d’augmenter, de 5,5% fin août dans les Alpes-Maritimes à 6,65% en fin de semaine dernière. Il atteint 6,95% dans le région avec 8,3% dans les Bouches du Rhône. Il faut préciser que le taux de positivité est bien plus élevé dans les agglomérations que ces moyennes départementales.
  • l’activité hospitalière subit donc à nouveau un impact covid, qualifié localement pour l’instant de « modéré mais croissant ». Il y avait au 28 août dernier 28 patients covid hospitalisés en unité dédiée dans les Alpes-Maritimes, dont 10 à Cannes, et 6 en réanimation (dont un à Cannes), 34 hospitalisés au 3 septembre (13 à Cannes) dont 9 en réanimation (1 à Cannes), et 38 hier (12 à Cannes) dont 11 en réanimation (2 à Cannes dont une personne âgée très gravement atteinte). Le nombre total de personnes covid+ en réanimation en Paca est passé sur la période de 66 à 86, dont 62 dans les Bouches du Rhône. L’évolution négative est donc réelle, mais avec un nombre de cas hospitalisés qui n’a rien de comparable avec ce qu’il était au moment du pic de l’épidémie fin mars début avril (nous avions au en même temps sur le seul hôpital de Cannes jusqu’à 14 patients en réanimation covid+). Parallèlement, le centre hospitalier Simone Veil de Cannes, dont les équipes continuent de faire un travail admirable avec un haut niveau de professionnalisme, traite 21 patients (sur plusieurs communes du bassin de vie) en HAD (hospitalisation à domicile), chiffre qui lui aussi a augmenté.
Il faut s’attendre dans les prochains jours à une nouvelle croissance des cas hospitalisés, même si le taux d’incidence est confirmé en tendance baissière dans notre département, compte tenu du décalage entre la détection de la maladie et l’aggravation de ses manifestations pathologiques. Mais là aussi on pourrait espérer un « plateau » dans environ une dizaine de jours (je le répète : c’est une hypothèse à traiter avec beaucoup de prudence car les dernières tendances dans notre departement à la légère amélioration en matière d’incidence sont trop récentes pour être encore significatives). Ce qui est le plus alarmant concerne certainement les contaminations constatées dans les Ehpad partout en France (y compris dans les Alpes-Maritimes et notre agglomération), avec des foyers (clusters, c’est à dire au moins 3 cas confirmés et liés dans les 7 jours) importants et pour certains inquiétants compte tenu de la fragilité des résidents (personnes âgées et déjà médicalisées). Il est certain que ces situations hélas vont alimenter la probable augmentation, que j’évoquais plus haut, dans les prochains jours des patients bénéficiant de soins hospitaliers. Un paramètre complexifie les choses : le nombre d’agents testés positifs dans ces établissements médicaux sociaux, qui sont mis en quatorzaine, ce qui crée des tensions sur l’organisation et parfois même des manques dans certains Ehpad. Heureusement, parallèlement, des clusters en maisons de retraite sont vite circonscrits et certains sont en cours de clôture (cela a été le cas récemment à Cannes).
Parallèlement, il y a de nombreux cas identifiés en entreprises, milieu scolaire, ou à la suite de réunions de familles ou amicales. Pour l’instant, ils sont bien maîtrisés et le tracing est mené comme il se doit, pour empêcher les chaînes de contamination. L’immense majorité des testés positifs ne sont pas des cas graves, il faut le rappeler. Et il est d’ailleurs très regrettable que dans les statistiques communiquées par les autorités gouvernementales, le taux de létalité (mortalité) de la maladie ne soit pas exposé et analysé dans son évolution, car c’est évidemment la donnée fondamentale pour comprendre et suivre une pandémie, et agir en conséquence auprès de la population.
Je tenais à vous transmettre ces éléments factuels pour votre bonne information et que chacun puisse se faire son opinion de la situation.
Ce qui me préoccupe aussi fortement, et j’écris régulièrement à ce sujet depuis fin février dernier, est la crise économique et sociale dans laquelle nous allons nous enfoncer. Les dégâts vont être forts et les détresses humaines intenses pour trop d’entre nous. En effet, les semaines et mois qui arrivent vont être particulièrement destructeurs malheureusement en termes d’emplois et d’entreprises, j’ai l’impression que cela est trop sous-estimé. Les mauvaises nouvelles d’annulations dans le domaine de l’événementiel continuent, et l’activité est tellement réduite que beaucoup d’établissements n’auront d’autre choix que de fermer. Et nous pourrions avoir un effet en cascade sur d’autres secteurs de l’économie.
Par exemple, que va devenir immobilier d’entreprises avec la généralisation structurelle du télétravail ? Comment va évoluer le crédit bancaire avec des taux d’intérêt qui ne rémunèrent plus les prêteurs et un risque, si le pays ne se redresse pas, de retraits en liquidité de l’épargne ? Et tant d’autres incertitudes.
À notre modeste échelle, nous continuons de nous battre pour soutenir nos professionnels locaux et essayons de garder une dynamique d’investissements en restant solides sur nos fondamentaux malgré l’adversité.
Et il y aura aussi des bonnes nouvelles, des opportunités et un rebond !
En attendant, je suis inquiet pour beaucoup de familles. Battons-nous pour montrer que l’on peut concilier activité économique et prudence sanitaire, résister aux chocs négatifs puis relancer, et aidons ceux qui souffrent.
Courage à tous, prenez soin de vous et des vôtres. Vive Cannes »
Depuis, la Préfecture des Alpes-Maritimes rend le port du masque obligatoire dans tous les espaces publics de plusieurs communes du département, dont Cannes, pour une durée d’un mois.
L’arrêté préfectoral concerne toute personne de plus de 11 ans, sur tout espace public, de 8h à 1h.
Consultez tous les articles > A la Une, En action, Pour Cannes

Google Analytics Alternative