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Covid-19 : nouvel état de la situation sanitaire

Dans le cadre du suivi quotidien de l’évolution de l’épidémie au Covid-19, notamment dans le département et à Cannes, ainsi que de la charge hospitalière en sa qualité de président du Conseil de surveillance de l’Hôpital de Cannes-Simone Veil, David Lisnard a dressé mercredi un nouvel état des lieux sanitaire.

« Mes Chers Cannois, comme je le fais régulièrement ici, et alors que l’actualité sanitaire ne nous laisse aucun répit, je vous délivre un point synthétique et factuel de l’évolution de la situation Covid-19 avec les derniers indicateurs recueillis hier soir, ainsi en fin de publication que quelques remarques sur la façon d’appréhender cette période où il nous faut parvenir à vivre avec l’épidémie de Covid-19.

Nous avons dans les Alpes-Maritimes des données qui sont aujourd’hui assez proches de celles de début septembre mais qui se dégradent depuis deux semaines après un mois d’amélioration.

Si les taux enregistrés dans notre département demeurent en deçà des seuils d’alerte retenus par le Ministère des Solidarités et de la Santé pour classer notre territoire sous couvre-feu, nous devons être particulièrement vigilants et responsables.

Comme je l’ai rappelé samedi lors de ma visite au Centre Hospitalier Simone Veil de Cannes (CHSVC), le principal enjeu en matière de santé est simple : maîtriser l’épidémie de Covid certes pour protéger de cette maladie mais aussi pour permettre à l’activité hospitalière dite « classique », donc hors Covid, de continuer à fonctionner à plein régime et donc éviter les déprogrammations de soins.

Car si nous parlons chaque jour de Covid, il ne faut pas oublier toutes les autres pathologies, parfois plus meurtrières, qui doivent être traitées, je pense bien sûr en premier lieu au fléau des cancers.

A l’heure où je vous écris, les dernières données concernant l’épidémie de Covid sont les suivantes :

  • Taux d’incidence (nombre de nouveaux cas sur 100 000 habitants pendant la dernière semaine) : son évolution est rapide puisqu’en moins d’une semaine il est passé de 110 à 166 dans les Alpes-Maritimes. Nous retrouvons le taux de mi-septembre (160) alors qu’il était descendu à 70 début octobre (et qu’il était bien plus haut au printemps). Sur le plan national, il est de 250, avec des pics jusqu’à 800 dans certaines agglomérations françaises ! Les sites universitaires sont particulièrement concernés.
  • Taux de positivité (nombre de cas positifs aux test diagnostiques PCR pour 100 personnes testées) : il est de 10,87 aujourd’hui sur le plan départemental (13 sur le plan national). Il demeure le moins élevé de la région Sud PACA. A Cannes, il est inférieur à la moyenne départementale, à 7,50 après être descendu à 4 début octobre. S’il n’est pas question de relativiser cette évolution négative, nous pouvons en revanche l’expliquer, en partie, par un meilleur ciblage des tests avec la priorisation des personnes symptomatiques.
  • L’activité du Centre Hospitalier de Cannes n’est pas épargnée sans être à ce jour saturée. Sur les 81 patients actuellement hospitalisés sur l’ensemble des établissements de santé des Alpes-Maritimes pour cause de Covid-19, 13 le sont à l’hôpital de Cannes. Dans le cadre de l’excellente coopération public/privé, la polyclinique Oxford vient d’armer 3 lits supplémentaires pour l’accueil de patients Covid que pourrait lui adresser le CHSVC.
  • La progression la plus forte et la plus inquiétante concerne le nombre d’hospitalisations en réanimation. 43 patients sont ce matin en service de réanimation dans les Alpes-Maritimes (contre 18 la semaine dernière). 4 patients sont en réanimation à Cannes, dont 2 transférés depuis le CHU de Nice dans le cadre du dispositif de régulation et de coopération entre les hôpitaux de notre département. Le CH de Cannes a ouvert hier 4 nouvelles places dédiées à l’accueil de patients Covid en réanimation, portant à 7 sa capacité totale actuelle. Augmentation élevée donc des personnes en réanimation Covid, beaucoup plus marquée pour l’instant dans l’Est du département que dans l’ouest (comme d’ailleurs les autres indicateurs précités), et à un niveau cependant qui reste très inférieur à ce qu’il était fin mars début avril.

Face à cette tendance, il est absolument nécessaire d’être rigoureux dans le respect des dispositions sanitaires efficaces afin de nous protéger de la maladie, notamment les plus fragiles d’entre nous (dont en premier lieu les personnes âgées) et d’éviter la saturation de nos établissements de santé ainsi que de nouvelles mesures de restriction de l’activité et de nos libertés, qui amplifieraient le désastre économique qu’affrontent de nombreux professionnels et leurs familles. Nous allons hélas subir une très grave crise sociale, donc humaine – je l’ai souvent évoquée ici – et il nous faut pouvoir travailler pendant l’épidémie, avec les bonnes précautions sanitaires.

C’est pourquoi, comme je le répète depuis des mois, l’action des pouvoirs publics devrait être recentrée et renforcée sur les mesures efficaces, et que cesse l’inflation de mesures générales d’interdictions administratives dont on voit qu’elles n’endiguent pas l’épidémie et qui parallèlement détruisent l’économie et la vie sociale. Les interdits et obligations doivent être ciblés, c’est à dire limités, à ce qui est utile, accepté comme tel et contrôlable par les autorités.

Ces mesures sanitaires efficaces, quelles sont-elles ?

D’abord, et le gouvernement n’en parle jamais : un meilleur isolement temporaire des cas contagieux. Mieux isoler les cas positifs +, c’est faire baisser efficacement le taux de reproduction et éviter les peu efficaces, et très destructeurs d’emplois, confinements et couvre-feux. Maintenant que les capacités de tests sont là et que chaque cas douteux peut être diagnostiqué (ce qui n’était pas le cas au printemps, et rendait par défaut pertinent le confinement), l’isolement ciblé est la meilleure réponse. L’histoire des épidémies le démontre. Or, le lien entre testing et tracing est toujours très médiocre en France, et l’isolement des porteurs positifs serait inférieur à 10 % des transmetteurs identifiés par les tests ! La bureaucratisation de notre système qui ralentit fortement l’information des résultats des diagnostiques à ceux qui doivent prescrire l’isolement (les brigades, les médecins généralistes et du travail notamment) et le travail à distance des « brigades » expliquent ces très mauvais résultats, alors qu’il faudrait être beaucoup plus rapide et offensif pour informer et isoler les transmetteurs du virus, donc auparavant les identifier vite et de façon exhaustive, puis disposer des moyens d’obliger à l’isolement temporaire pour d’une part casser l’épidémie, d’autre part, je le répète, éviter les dispositions liberticides générales, anti économiques et anti sociales que nous subissons déjà trop.

Ensuite, d’un point de vue individuel, donc civique, la meilleure façon de se protéger et lutter sereinement et efficacement contre la propagation du virus, est :

  • D’être très précautionneux dans les espaces à force densité humaine, notamment clos, dont en premier lieu les centres commerciaux et les supermarchés (et autres commerces ainsi que les « guichets », salles de réunions, locaux collectifs d’entreprises, etc) : y porter systématiquement le masque – sans le baisser pour parler… -, utiliser le gel hydro-alcoolique à l’entrée des établissements, mettre des gants pour se servir dans les rayons alimentaires ;
  • D’aérer et ventiler en permanence les espaces clos ;
  • De maintenir la distance physique interpersonnelle (plus d’un mètre s’il n’y a pas de masque) et de se laver très régulièrement les mains ;
  • De porter le masque dans les lieux de rencontres et d’interaction prolongée (marchés, transports publics, salles de réunions, commerces, etc.) ;
  • De se faire tester quand on a des doutes ou des symptômes. Je rappelle qu’en plus de l’offre de dépistage déjà en place sur notre commune, nous avons ouvert il y a 3 semaines (avec un laboratoire) un centre municipal dédié aux tests des personnes prioritaires (personnes symptomatiques ou fragiles, cas contact, professionnels prioritaires comme les personnels de santé ou les personnels d’établissements privés ou publics devant assurer une continuité d’activité). Les résultats sont garantis sous 24h ;
  • De continuer de faire particulièrement attention aux personnes particulièrement fragiles, notamment âgées ou à risques (femmes enceintes, patients aux antécédents cardiovasculaires ou sous traitement médicaux, etc.).

Il va falloir vivre encore avec ce virus, avec précaution mais sans hystérie propice à l’alimentation des peurs et à la création de dispositions excessives et surtout négatives car nous éloignant de celles nécessaires.
Faisons attention à ce que ceux qui nous dirigent n’oublient pas que si la santé (la vie) doit être préservée, elle n’est pas que biologique, elle est aussi sociale, psychique, économique, spirituelle, démocratique, c’est-à-dire faite d’échanges et d’interactions humaines. Pour cela, protégeons-nous et préservons les autres, mais ne sacrifions pas ce que la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury appelle « l’humanité de la vie ».
Comme je le répète régulièrement depuis mars, continuons d’appliquer strictement les mesures de précautions adaptées à la réalité. Et contrôlons leur application et effectivité.
La responsabilité de chacun est la clef.
Prenez soin de vous et des vôtres.
Sursum corda ! »

A noter qu’à la suite de l’annonce du couvre-feu par la gouvernement, le maire de Cannes, David Lisnard, a pris la décision d’ouvrir dès ce soir un deuxième centre municipal d’accueil des personnes SDF, équipé de tous équipements sanitaires et d’un chenil.

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