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David Lisnard rend hommage au Général de Gaulle

David Lisnard a rendu hommage à la mémoire du Général de Gaulle, au côté des anciens combattants cannois, à l’occasion du 44e anniversaire de sa disparition, le 9 novembre 1970.

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Discours de David Lisnard à l’occasion du 44e anniversaire de la mort du Général de Gaulle

Mesdames et messieurs, Chers amis,

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier de votre présence, aujourd’hui encore, à l’occasion de cette cérémonie qui nous réunit dans le souvenir du Général de Gaulle, au pied de notre Croix de Lorraine.

Permettez-moi aussi d’exprimer ici une pensée émue pour notre ami Gilbert CHOURAQUI, fidèle porte-drapeau de nos cérémonies patriotiques, qui nous a quittés et qui sera inhumé demain après-midi au cimetière communal du Grand-Jas. J’aurai l’occasion de saluer sa mémoire, mardi prochain, devant notre monument aux Morts de l’Hôtel de Ville, à l’occasion des cérémonies du 11 novembre où nous nous recueillerons tous ensemble en hommage à nos morts pour la France. Mais, dès ici, je tenais à exprimer ma peine et ma solidarité à la famille des porte-drapeaux endeuillée.

Chers amis, si la commémoration de ce jour n’appartient pas au calendrier des célébrations nationales, elle revêt ici à Cannes, depuis de nombreuses années, à l’initiative du monde combattant, un caractère officiel. J’y suis très attaché à titre personnel et, en tant que nouveau maire, j’ai souhaité que nous la vivions ensemble.

Parce que je partage avec vous une admiration certaine pour celui qui avait une certaine idée de la France, parce qu’aussi j’éprouve en tant que Français de ma génération une profonde reconnaissance patriotique à l’égard du Général de Gaulle, pour le témoignage de sa vie, la vision qu’il nourrissait de notre pays et l’action qu’il a menée en faveur de sa reconstruction et de son rayonnement, je me fais un devoir – que même un marathon ne pouvait me faire rater – de participer à vos côtés à cet hommage solennel.

« Pour le meilleur ou pour le pire, les Français ont vraiment été maîtres chez eux ; ils ont construit comme ils l’entendaient sur les ruines de l’Ancien Régime. Seulement ils ont du mail à aimer ce qu’ils ont fait. »

Si je commence mon propos par cette citation de Churchill que le hasard m’a amené à relire hier, ce n’est pas seulement pour associer au Général un autre géant de l’Histoire, comme ils le furent il y a 70 ans ; les circonstances dramatiques et exceptionnelles du second conflit mondial ont permis à ces hommes, eux mêmes exceptionnels et héroïques, de diriger et de sauver l’honneur de l’Europe.

Si j’emprunte ces mots à Churchill, c’est tout simplement parce qu’ils résument le génie et l’ambivalence français depuis la Révolution, la force et la faiblesse de notre nation, la gloire et la blessure d’un peuple qui est épris de République et semble toujours rechercher son monarque. Et alterne ainsi entre la grandeur d’une confiance universaliste et la petitesse d’un état d’esprit qui doute et se repli.

Or, si le Général de Gaulle reste autant prégnant dans notre mémoire, je crois que c’est précisément parce qu’il a réglé – à tout le moins provisoirement – cette meurtrissure française, par sa stature, ses valeurs, son œuvre.

Oui, le Général de Gaulle a réconcilié la France éternelle et la France du Progrès. Ceux qui utilisent aujourd’hui sa statue pour fossiliser le pays ou tenter de le faire revenir en arrière ont tort : le Général de Gaulle a toujours fait le choix du mouvement, vers l’avant, celui des divisions blindées contre le leurre de la ligne Maginot, de la démocratie contre la tentation autoritariste, de l’assainissement des finances publiques avec une monnaie nouvelle et forte contre ceux qui sombraient dans le laxisme budgétaire et la facilité destructrice des dévaluations, de la décolonisation et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes en lieu et place d’un empire à bout de souffle et de légitimité, de l’industrialisation dans un pays alors essentiellement rural, de la dissuasion nucléaire pour la souveraineté nationale plutôt que le confort de la vassalisation de la France sous le bouclier américain, d’un régime présidentialiste avec un exécutif efficace face aux intrigues partisanes et à l’immobilisme parlementaire.

Cet homme français né au XIXè siècle, à l’éducation classique, aux références maurrassiennes, a sauvé la démocratie et relevé le pays à deux reprises pour en faire un des plus modernes et prospères de la seconde moitié du XXème siècle, dans une République forte et respectée, ouverte au monde et fière d’elle même, sans jamais trahir les valeurs de la nation, céder aux conformismes de l’époque, galvauder notre culture, nos héritages civilisationnels, notre identité au meilleur sens du terme.

Et il nous a laissé des institutions qui restent pertinentes, à condition que ceux qui ont la charge du pays fassent passer l’intérêt général, l’intérêt supérieur de la nation, avant leurs intérêts particuliers et leurs petites tactiques pour se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible. Le débat sur la pérennité de la Vè République est récurrent dans notre pays en crise, crise de valeurs autant que crise économique. Eh bien mes chers amis, j’ai la conviction que nos institutions, même malmenées et perfectibles, sont bien plus performantes que ceux qui les occupent au sommet. Ce ne sont pas les institutions qui me semble-t-il sont à changer, mais ceux qui ne sont pas dignes de les diriger, qu’elle que soit leur couleur politique.

La Constitution bien sûr peut être modernisée, dans l’esprit d’ailleurs des intentions du Général de Gaulle en 1969, avec par exemple, comme je le préconise depuis longtemps, dans un souci d’efficacité et d’économies, la suppression du Sénat et du Conseil économique et Social par leur fusion en une seule chambre des collectivités et de la société civile.

Si le Général de Gaulle génère autant de nostalgie, c’est aussi par son attitude au pouvoir. Elle était empreinte de dignité et de responsabilité. Quel contraste avec le spectacle actuel de mesquineries, d’exhibitions parfois de la vie intime, et souvent de vacuité. Lui dont certains s’inquiétaient de l’éventuelle dérive autoritaire, a remis l’initiative des décisions à la nation et, comme personne, s’est toujours rendu à son verdict, avec là encore honneur et dignité, comme au soir même du référendum de 1969 sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Ce qui ne manque pas d’instruire en ces temps où un Chef de l’Etat se sent légitime à gouverner le pays avec un indice de confiance de 16 %.

Ainsi, évoquer aujourd’hui la mémoire du Général de Gaulle dans une France en crise et en voie de déclin, dont le système politique est délité par les affaires des uns, les mensonges des autres, l’impuissance des partis de gouvernement et la mortifère démagogie populiste des extrêmes, c’est forcément souffler sur la braise de l’idée qu’il s’en faisait, l’idée de la grandeur autour de laquelle il a su rassembler le peuple français pour que le feu reprenne ; c’est maintenir l’âme résistante, l’âme du NON, du refus, en ces heures de fuite en avant et de renoncement, pour que demain se lève la force du OUI, d’un esprit constructif, d’une France nouvelle fidèle à son histoire et sa vocation, une France ambitieuse, une France conquérante.

Parce que la France a tout pour rebondir, parce que la France est un pays d’avenir, parce qu’elle doit l’être pour nos enfants et toutes les générations futures, il est temps de se relever et de créer une énergie collective positive. Que chacun d’entre nous soit gaullien, ait conscience de sa propre responsabilité, tende à l’assumer à son niveau, dans sa citoyenneté.

Regardons le Général de Gaulle dont le souvenir se dresse devant nous comme hier la stature du commandeur. Sachons incarner dans nos engagements présents, vivre dans nos actions quotidiennes, l’idéal gaulliste.

Le gaullisme n’est pas un courant politique, le gaullisme n’est pas une idéologie partisane, non, le gaullisme est avant tout une éthique, une éthique qui ouvre des perspectives, une éthique qui embrasse tradition et révolution, une éthique qui ne s’exprime que dans l’action.

C’est, dans une certaine mesure, une illustration du personnalisme selon le philosophe Emmanuel Mounier pour qui « notre destin immédiat, c’est d’avancer dans l’histoire et de faire de l’histoire. » Un trait que l’on retrouve dans l’homme de caractère, extrait du Fil de l’épée, se dressant dans l’adversité pour prendre l’événement à son compte.

Les enjeux ne manquent pas, bien au-delà de notre génération :

  • avec la nécessaire modernisation de l’économie qui doit reposer sur les entrepreneurs, en encourageant ceux qui prennent des risques pour créer de la richesse, par une réduction des charges associée à une baisse drastique des dépenses publiques. Il y va de l’indépendance de notre pays, car il n’est aucune souveraineté, et a fortiori aucune puissance, qui puissent se fonder sur une faiblesse économique ;
  • avec une nécessaire garantie de probité publique pour laquelle je milite depuis longtemps en proposant la mise en place d’un contrôle régulier et inopiné du patrimoine, des actifs en France et à l’étranger et du train de vie des responsables et détenteurs d’une autorité publique, élus bien sûr mais pas seulement, hauts fonctionnaires aussi, magistrats. Le but n’est pas de jeter en pâture la vie privée des décideurs publics, mais simplement de les faire réellement contrôler par un organisme indépendant et crédible, de type Tracfin ;
  • avec le nécessaire renforcement de l’Etat dans ses fonctions régaliennes, la Défense, la Justice, la Police, à l’heure où de sérieuses et inquiétantes menaces pèsent sur la sécurité nationale, on ne peut soutenir la réduction grandissante des moyens de nos armées et de nos forces intérieures de sécurité ;
  • avec la nécessité d’une police et d’une justice exemplaires, à la hauteur de leur mission, sans faiblesse, dans le respect du droit, le respect des victimes, le respect de la présomption d’innocence, donc avec indépendance, y compris idéologique ;
  • avec la nécessaire construction européenne qui est à repenser et dont la France doit reprendre le leadership,  ce qui exige qu’elle soit respectable et donc respectée, à condition qu’elle respecte elle-même ses engagements, en l’occurrence sur les déficits et la dette.

Notre pays doit avoir des idées à proposer, une ambition à partager, des projets à réaliser.

Dans tous ces domaines, le Général de Gaulle a été à l’avant-garde et bien plus novateur que tous ceux qui le font parler aujourd’hui, 44 ans après sa mort. Les actes doivent suivre les éventuelles bonnes intentions. A la manière de Sacha Guitry qui nous y exhorte: « ne cherchons pas des gens qui donnent des conseils, regardons plutôt ceux qui nous montrent l’exemple ».

Nous sommes de ces Français pour qui le souvenir du Général de Gaulle, la défense de ses valeurs et de son action constitue, aujourd’hui encore, une source d’inspiration et un exemple d’audace inépuisable à laquelle, pour ma part, je puise depuis toujours la force de mon engagement.

Le Général de Gaulle, c’était une conviction, celle de l’armée de métier. Le Général de Gaulle, c’était une voix, celle du 18 juin 1940. Le Général de Gaulle, c’était le courage et l’honneur, ceux de la Résistance. Le Général de Gaulle, c’était la victoire, celle de la libération. Le Général de Gaulle, c’était une vision, celle d’une France libre, souveraine, indépendante. Le Général de Gaulle, c’était le progrès dans la tradition, l’avenir dans la fidélité à l’histoire, la modernité dans un chemin d’histoire. Le Général de Gaulle, c’était un style, une hauteur, une distance, qui le tenait loin du compromis, des petits calculs, de la politique politicienne. Le Général de Gaulle, c’était la France.

En ce jour anniversaire, en nous inclinant devant la mémoire du Général de Gaulle, mesurons la tâche qui se dresse devant nous, et face à elle comme face à l’histoire, soyons à la hauteur de l’idéal que nous défendons, des valeurs que nous célébrons, de l’homme que nous honorons, pour que vive la République et que vive la France.

Je vous remercie.

 

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