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Comment David Lisnard veut contrer l’excès de centres commerciaux

La Tribune (11 septembre 2018).

Toujours aussi remonté contre le trop-plein de projets qui agissent comme une menace contre le commerce de proximité, le maire de Cannes continue de monter au créneau mais passe aussi à l’offensive en jouant à la fois la carte du collectif, du marketing territorial et de la proposition concrète sur la fiscalité. Le but : en finir avec la distorsion de concurrence.

Ce n’est pas nouveau, parmi les sujets qui ont le don d’agacer le premier magistrat de Cannes, celui des nouveaux centres commerciaux prévus pour s’installer sur la Côte d’Azur figure dans le top 10. Pourtant, que l’on ne s’y méprenne pas, David Lisnard n’est pas « contre les centres commerciaux« , il est juste contre l’excès de centres commerciaux. Une nuance qui fait toute la différence.

Intérêt général

Bien sûr, dit-il, les centres commerciaux existants ont le droit de se développer, mais accepter que de nouveaux projets prennent forment alors que l’offre en la matière est déjà conséquente, est un non-sens économique.

« Oui, dans certains quartiers, certains villages, il faut des centres commerciaux. Mais le commerce de vitrine joue un rôle économique et social puissant, souvent sous-estimé par les pouvoirs publics. Le petit commerce est d’intérêt général« , insiste David Lisnard. « Derrière l’enjeu économique et social, c’est un enjeu de société, presque de civilisation« .

D’abord, trop de centres commerciaux c’est l’assurance d’effets pervers tels que « l’imperméabilité des sols ainsi que la banalisation des paysages. Toutes les villes finissent par avoir la même entrée de ville« , dénonce le maire de Cannes. Et puis ces hyper-centres sont « des aspirateurs à voiture : ils se veulent modernes, mais c’est archaïque« . Voilà qui est dit.

Mais ce qui nourrit l’agacement de David Lisnard, c’est l’effet de distorsion de concurrence et destruction d’emploi. Car dans ce monde du commerce, tous ne sont pas logés à la même enseigne, loin s’en faut.

Question d’équilibre

D’où des idées pour améliorer. Car contester c’est bien mais faire des propositions c’est mieux.

Dont celle-ci, qui viserait à rétablir l’équilibre, en baissant la fiscalité locale sur le commerce de proximité – comme la CFE – quand en même temps, une taxe sur les livraisons des entreprises d’e-commerce permettraient à celles-ci de contribuer à l’entretien des espaces publics.

Une suggestion que le vice-président de l’AMF a transmise à certains parlementaires dont Bruno Retailleau et Valérie Pécresse. L’idée étant que du tout il soit fait une proposition de loi qui serait déposé dans le cadre du PLF pour 2019. Parce que faire des propositions c’est bien mais si elles peuvent prendre forme, c’est aussi mieux.

Cependant, il y aussi d’autres façons de défendre le commerce de proximité. Pour Eric Chaumier, le président de la fédération des associations du tissu économique de l’ouest des Alpes-Maritimes, les Commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC) devraient à nouveau prendre en compte la voix des CCI (aujourd’hui, leur avis est purement consultatif NDLR).

Un inter-SCOT aurait également l’avantage de faire converger les politiques d’aménagements et de favoriser la cohérence entre élus.

David Lisnard en revient à une stratégie de marketing territorial adéquate, « il faut connecter les centres-villes« , dit-il, rappelant que le commerce de proximité représente 50 000 emplois et 21 000 établissements dans le département des Alpes-Maritimes. « Tout cela est un enjeu de politique publique« .

Par Laurence Bottero. Twitter : l_bottero

 

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