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De Dempsey au Capitaine Marleau, la première saison de CANNESERIES voit la vie en rose

Le Figaro (11 avril 2018).

NOUS Y ÉTIONS – Le nouveau festival de la Croisette a montré une belle vitalité. Outre la belle exigence des fictions retenues en compétition, ce baptême du feu a conquis les fans de séries et les professionnels réunis en nombre à l’occasion du MipTV. Récit de l’intérieur.

Le tapis est rose. Très rose. Il pique un peu les yeux mais Fleur Pellerin, ancienne ministre de la Culture et nouvelle patronne de Canneseries, a trouvé chaque jour des tenues qui s’y marient très bien. Pas forcément légères, le climat ne s’y prête guère. À l’exception de la cérémonie d’ouverture samedi, le soleil n’a pas vraiment été de la partie. De grosses rafales de vent ont emporté une portion du chapiteau dressé sur la plage du Gray d’Albion, destinée à accueillir les interviews et les séances photos des VIP forçant la plupart des activités presse, ainsi que les soirées organisées après les projections, à se replier au Majestic. Plus exactement dans sa salle de cinéma du Palace, on ne se refait pas.

L’ambiance est à la croisière même sur les points presse. L’équipe de La Vérité sur l’Affaire Harry Québert , adaptation très attendue du best-seller de Joël Dicker par le cinéaste Jean-Jacques Annaud, a donné ses entretiens sur le yacht même de son producteur. Ambiance Croisette garantie. Prière de se déchausser pour monter à bord. Patrick Dempsey, qui en tient le rôle-titre a pu donner ses entretiens en chaussettes. Occasion d’admirer (ou non) la créativité et l’audace vestimentaire de l’ex-star de Grey’s Anatomy et des interlocuteurs.

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Comme lors du Festival du film, les à-côtés peuvent réserver les plaisirs les plus coupables comme avecla série Safe. La fiction imaginée par Harlan Coben, présentée en clôture de Canneséries, mais que nous avons pu découvrir mardi aux aurores au Miramar, est un polar parfaitement calibré. D’une efficacité redoutable, comme toujours chez Coben, président du jury cette année qui semble avoir très rapidement trouvé ses marques sur la Croisette. «Il a joué le jeu d’emblée et il a toujours le sourire, pas celui que l’on sait souvent accroché aux visages des Américains. Un vrai sourire», commente l’un des organisateurs.

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Dans Safe , Michael C. Hall (médecin légiste tueur en série dans Dexter) campe un chirurgien veuf qui n’arrive plus à communiquer avec ses filles. Lorsque son aînée disparaît lors d’une fête bien arrosée réunissant les adolescents de cette résidence protégée de la banlieue de Manchester, il décide de mener l’enquête et de découvrir les sombres secrets de ses voisins parmi lesquels Audrey Fleurot, professeur de français accusée d’avoir séduit l’un de ses élèves. Les deux premiers épisodes ouvrent de nombreuses pistes que l’on a désormais hâte de pouvoir «binge-watché». Ce sera possible sur C8 pour cette série d’abord annoncée sur Canal +, partenaire très actif de cette première édition qui diffuse ce mercredi soir en direct et clair une cérémonie de clôture animée par l’acteur Kyan Khojandi. Promis, il sera bref!

Qu’il s’agisse de Corinne Masiero alias Capitaine Marleau en passant par Harlan Coben à Michelle Dockery, de nombreuses vedettes de séries se sont prêtées avec joie et décontraction à l’exercice de la Masterclass, multipliant les anecdotes. «Il n’y a pas de bière ici camarade!», a lancé l’actrice dont le rôle de gendarmette à la télévision a réuni jusqu’à 7,5 millions de spectateurs sur France 3. Accompagnée de Josée Dayan, la réalisatrice et créatrice de la série, Masiero s’est montrée solidaire avec les cheminots, exhibant devant les objectifs des photographes son tee-shirt avec l’affiche du film La Bataille du rail.

Pas vraiment le meilleur René Clément pour Josée Dayan qui ne goûte pas cette défense et illustration syndicale le poing levé. On apprendra que Marleau a d’autres combats à mener. Celui pour son accent du Nord auquel elle tient tout particulièrement. C’est son rempart, dit-elle, contre la «prolophobie» des milieux culturels. Quand une dame d’un certain âge intervient pour lui dire qu’elle est très mignonne en vrai, elle se fâche: «Pourquoi faudrait-il qu’une actrice soit jolie? Je revendique le droit d’être moche.» La réalisatrice confirme que son héroïne n’aime pas être trop mise en lumière. «Elle séduit autrement Corinne. Et c’est une séduction énorme», explique Josée Dayan en annonçant les prochains épisodes de la série. Épisodes qui conserveront le principe de départ: mettre Marleau-Masiero face à des grandes stars. Dès le 17 avril, on la retrouvera donc face à l’immense David Suchet que l’on aurait tort de réduire à son seul rôle d’Hercule Poirot .

Dans un tout autre genre, Michelle Dockery, la comédienne anglaise révélée parDownton Abbey , nous a appris que les plateaux américains étaient ainsi bien plus fournis en gourmandises que les plateaux anglais. Et qu’elle avait réalisé le succès de la série en découvrant chez son épicier sa photo en costume dans tous les quotidiens britanniques.

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Canneseries, c’est aussi l’occasion de découvrir de quoi le futur de la fiction télé sera fait. Avec l’institut de développement, où des créateurs viennent pitcher leurs projets devant un parterre d’éventuels financeurs. Mais aussi au MIPdrama, où il était possible de découvrir les séries déjà montées. Une foire au polar, genre incontournable visiblement. On a découvert qu’il y aurait bientôt sur nos écrans et plateformes une flopée de mafieux espagnols, une pandémie en Finlande ou des crimes paganiques rituels en Allemagne. Mais la palme du projet le plus loufoque revient sans doute aux Russes avec Karamora, série qui imagine un monde où les vampires ont pris une part primordiale à la révolution de 1917! À Cannes, celle des séries est en marche et ne semble plus vouloir s’arrêter.

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