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David Lisnard, le maître du Palais

Article paru dans Le Figaro, mardi 21 mai 2013

Succès : Fils d’un footballeur et d’une danseuse étoile, le président du Palais des festivals de Cannes a aussi des ambitions politiques

A l’heure du Festival du film, Cannes devient un « village mondial ». David Lisnard, le président du Palais des festivals et des congrès depuis treize ans (un record!), doit gérer cet évènement planétaire en chef d’entreprise. « Cannes est une marque connue sur toute la planète, tout en demeurant une ville provençale à taille humaine où se croisent les stars, les grands décideurs et les badauds. Cet incroyable meeting pot tient de la magie », reconnaît le premier adjoint au maire, un élu aussi pudique que déterminé, issu d’une ancienne famille cannoise d’origine modeste, qui s’est « fait tout seul » comme disait Raymond Devos.

Son arrière grand-père, Léon Lisnard, a construit le mythique marché Forville, ses grands-parents tenaient un hôtel rue Louis Blanc, le Soleil d’Azur, et sa mère ouvre chaque matin le magasin familial de vêtements pour enfants, rue d’Antibes. Fils d’un ancien footballeur professionnel et d’une danseuse étoile reconvertie dans le commerce, David a une culture de l’indépendance et de travail qui le conduit à exercer toute une série de petits boulots dès l’âge de 16 ans pour payer ses études (Sciences Po et droit) : serveur au Blue Bar, une institution cannoise qui a disparu, surveillant de quai au vieux port, pompiste dans une grande surface, livreur de pizzas…

A 44 ans, David tourne une nouvelle page pour se lancer en politique, cette fois en première ligne. Ce marathonien habitué à l’effort est un homme pressé qui prend son temps, un véritable papa poule pour ses trois enfants et un ambitieux qui fuit les mondanités, même pendant le festival du film, où il avoue avoir peu de temps pour assister aux représentations officielles. En clair, un homme tout en contrastes, qui a d’abord séduit Jacques Pélissard, le député-maire de Lons-le-saunier, président de l’Association des maires en France, qui en fait son directeur de cabinet. Mais le Jura était loin de ses racines, et Lisnard, avec son caractère entier et indépendant, n’a pas hésité à rejoindre Bernard Brochand quand le publicitaire s’est engagé dans la bataille des municipales de 2001.

D’une loyauté à toute épreuve, Lisnard est devenu, plus que le lieutenant du député-maire UMP, un porte-voix, un gestionnaire en chef, champion de la lutte contre les gaspillages. Et quand il y a un discours à faire, Brochand lui tend le micro : « Viens, David, prend la parole. » C’est donc tout naturellement qu’après mûre réflexion Lisnard, qui est aussi conseiller général UMP des Alpes-Maritimes et proche de l’ancien ministre Xavier Bertrand, a décidé d’annoncé sa candidature comme tête de liste aux municipales de 2014. Avec l’appui du député-maire, qui participera à l’aventure avec lui.

Sur le pont dès l’aube toute l’année, Lisnard doit anticiper, pendant les onze jours du Festival du film, tous les imprévus, Le Palais, qui fête cette année ses 30 ans, accueille 5 000 journalistes accrédités venus du monde entier, et 40 00 professionnels, sous l’autorité des organisateurs, Gilles Jacob et Thierry Frémeaux. En qualité de président du Palais, Lisnard doit veiller au timing, à la seconde près, de la célèbre montée des marches sur tapis rouge, des réalisateurs et des acteurs de films en compétition. Et ne pas se laisser déborder par des cas particuliers…

En 2002, Sharon Stone, qui fait partie du jury, ne veut pas dormir dans un palace. La ville lui ouvre alors la villa Domergue, une somptueuse demeure léguée à la commune par le peintre Jean-Gabriel Domergue. Les jardins sont superbes mais le confort est sommaire. Qu’importe, la star américaine est ravie. Lisnard lui offre un cadeau siglé Cannes pour l’anniversaire de l’un de ses fils adoptifs, et retrouve par hasard Sharon Stone dans les couloirs du Palais, en train de faire des exercices de gymnastique, accompagnée de son garde du corps et de sa gouvernante. Il salue la star, qui vient le voir le lendemain dans son bureau qui domine la Croisette et lui apporte le programme du 55è Festival du film dédicacé avec l’empreinte de sa bouche enduite d’un rouge à lèvre nacré. Un moment fugace, loin des caméras.

Demandes insolites

Gérer l’imprévu, pour Lisnard, c’est aussi traiter une quantité de demandes insolites. Comme ce milliardaire indien qui voilait recouvrir une plage de la Croisette avec du sable rose pour le mariage de sa fille pendant le Festival. La réponse a été négative. Pour attirer l’attention des médias, on organise des défilés de dromadaires ou de panthères, on érige des murs d’eau, des arrivées en parachute par la mer. Cette année, deux demandes de feux d’artifice le même soir, à la même heure, sont parvenues sur son bureau. Il a dû arbitrer.

En coulisses, il croise, après chaque représentation, les mines défaites ou la joie sur les visages des acteurs, selon l’accueil du public dans le grand auditorium. Les couloirs du Palais sont une fourmilière, et un blockhaus surprotégé pour faire la chasse aux intrus. Grâce à Lisnard, le Palais est devenu en dix ans une mine d’or pour l’activité commerciale locale, qui engendre 837 millions d’euros de retombées économiques par an, tous congrès confondus. Une belle carte de visite pour le candidat à la mairie de Cannes, dans une campagne qui s’annonce dure. Et ce ne sera pas du cinéma.

BIO EXPRESS

1999 Directeur de campagne de Bernard Brochand, candidat à la mairie de Cannes
2001 Victoire aux municipales. Adjoint au maire. Président du Palais des festivals et des congrès
2002 Crée le festival Pantiero sur le toit du Palais
2008 Elu conseiller général. Devient premier adjoint au maire.
2013 Candidat à la mairie de Cannes pour les élections municipales de 2014

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