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Commémoration : Cannes libérée il y a 77 ans

Le 24 août marque chaque année, le souvenir de la Libération de Cannes en 1944. David Lisnard a présidé comme tous les ans les cérémonies du souvenir à La Bocca et à l’Hôtel de Ville en hommage à nos libérateurs alliés, Français Libres et Résistants ayant participé à la Victoire sur l’occupant nazi et la dissolution du régime de Vichy.

A cette occasion, le maire de Cannes, prolongeant l’évocation historique de la Libération, a abordé les sujets d’actualité tels que l’Afghanistan, les tensions sino-américaines, mais aussi la place de l’Europe et de la France dans le monde.

Citations du discours :

« Il est des événements dans l’histoire dont aucune mémoire ne peut être blasée. Celui de la Libération de Cannes, le 24 août 1944, appartient à ces récits où chacun, au sein de notre communauté cannoise, vient puiser un peu de ce qu’il est »

« Et je suis heureux de vous voir si nombreux cet après-midi, tantôt à La Bocca, ici maintenant, manifester votre attachement au souvenir de ceux à qui nous devons notre liberté »

« Parce que oui, nous sommes libres. Mais pour beaucoup, appartenant à des générations qui n’ont pas connu la guerre, ni l’exigence du combat, nous le sommes sans mérite. Cette liberté, oui, nous la devons »

« Nous la devons à nos alliés américains, britanniques, canadiens, russes, qui affrontèrent le feu nazi et pour les premiers venus reconquérir avec l’appui de la résistance intérieure un territoire vaincu et y consentir des pertes cruelles »

« Pour cela, notre gratitude est sans mesure et éternelle. Nous la devons aussi à des citoyens ordinaires que les événements ont révélé extraordinaires de caractère, de courage, d’honneur : nos résistants, nos Français Libres »

«Le 18 juin 40 la voix de l’espérance se faisait entendre sur les ondes de la BBC pour la première fois, une flamme s’allumait dans les foyers de France dévastés par la débâcle de nos armés, le renoncement de nos gouvernants, le basculement dans la collaboration»

« Oui, pour la première fois, des Français entendaient la voix du Général de Gaulle qui les exhortait à poursuivre la lutte »

« De la liberté perdue à la liberté retrouvée il a fallu traverser 4 années d’épreuves qui devaient révéler tantôt les plus bas instincts de l’homme quand sa survie est engagée, tantôt les comportements les plus héroïques inspirés du sens du devoir à l’égard de l’humanité »

« Oublions les premiers que l’histoire recouvre de honte, avec l’humilité toutefois de nous dire que nous n’avons pas connu la période et que personne ne peut prétendre qu’il n’aurait pas été du nombre »

« Célébrons les seconds, avec une fervente admiration et la dévotion de ceux qui s’en remettent à plus grand qu’eux »

« Ils ont porté à bout de bras, au bout de leur vie parfois, cette France vaincue qui, grâce à leurs efforts conjugués et au caractère comme au génie politique du Général de Gaulle, devait siéger, cinq ans plus tard, à la table des vainqueurs »

« De France, des hommes et des femmes, parfois à peine adultes, surgirent pour rejoindre en Grande Bretagne le père de la France Libre ou intégrer sur le territoire, des réseaux clandestins qui s’organisaient progressivement »

« Ces hommes, ces femmes, nous donnent une leçon de vie, de ce qu’est une vie libre, c’est à dire une vie exigeante et responsable »

« Par leur courage et leur sens de l’honneur, ils ont incarné l’âme de la France fidèle à ses valeurs, qui n’était pas à Vichy mais à Londres et dans les maquis »

« Ce jour de fête de la libération est un appel à la mémoire de tous ces braves qui se sont levés par devoir et amour de la Patrie. Ils étaient des nôtres, de simples citoyens cannois plein d’avenir »

« L’histoire est venue bouleverser leur vie, changer le cours de leur existence, éprouver leur valeur. Ils ont tout donné, donné le meilleur d’eux-mêmes, donné leur vie pour que la nôtre ait un sens autre que celui imaginé par le IIIe Reich »

« Gloire à eux. Gloire à nos combattants. Gloire à nos Résistants. Gloire à nos alliés »

« Je pourrais m’arrêter là et conclure notre cérémonie, l’hommage rendu. Mais ce serait une facilité. Il nous faut aller plus loin dans notre devoir de mémoire. Il nous faut entrer en nous-mêmes, comme nos aînés l’ont fait alors »

« Il nous faut sonder nos reins et nos cœurs, notre âme et nos tripes, dans l’aujourd’hui de la France, de notre citoyenneté, de l’avenir du pays et des prochaines générations. Car c’est là, de tout temps, le sens que doit avoir l’engagement patriotique : permettre l’avenir »

« J’ai eu à plusieurs reprises l’occasion d’aborder ici les grands enjeux sociétaux qui se dressent devant nous. Je l’ai fait encore pas plus tard que le 14 juillet dernier. Et depuis tant d’années ! Ceux qui assistent fidèlement à mes discours le savent »

« Sur les finances publiques, la dette de la France et la spirale infernale du laisser-aller budgétaire »

« Sur la folie bureaucratique de l’État, sur le délitement des missions régaliennes comme la sécurité (nous voyons exploser la violence et les homicides), la justice (sous dotée en moyens et trop souvent surabondante en idéologie de l’excuse et en procédures sclérosantes »

« en matière d’immigration donc aussi où, en France, l’impuissance publique est devenue la règle proportionnelle à l’emphase creuse des dirigeants politiques »

« d’éducation avec l’effondrement de notre niveau scolaire au sein de l’Europe et du monde, donc in fine avec des diplômes de moindre valeur »

« Je pourrais parler aussi du système de santé dont la pandémie du Covid-19 a révélé toutes les carences, non des professionnels de santé mais de la politique sanitaire, de la gestion de l’Hôpital public, de l’anticipation des risques sanitaires »

« Enfin, combien de fois ai-je abordé ici aussi les défis culturels, d’identité, scientifiques, bioéthiques, le transhumanisme, l’explosion du numérique, etc. »

« Si « gouverner c’est prévoir » selon la formule prêtée tantôt à Adolphe Thiers, tantôt à Émile de Girardin, force est de constater que la France est bien peu gouvernée depuis trop longtemps »

« Elle navigue à vue sans véritable projet politique. Elle est tout juste administrée, bien trop administrée, pour les résultats chaotiques que nous connaissons et auxquels nous nous heurtons, en tant que collectivité comme en tant qu’individus »

« Mais aujourd’hui, puisque notre souvenir se tourne vers ceux qui ont combattu pour la liberté de la nation et le rétablissement de la République, je voudrais aborder deux sujets »

« Le 1er : la France d’aujourd’hui aurait-elle en son sein la ressource nécessaire à un engagement comme celui de nos aînés si le danger d’un conflit venait à surgir, aurait-elle le sens de la Patrie, en aurait-elle la force morale, spirituelle ? »

« Le second est lié à notre défense nationale, à la stratégie militaire et géo-politique de la France dans cet espace mondialisé où se dressent de nouvelles puissances à la fois économiques, politiques et militaires »

«Pour le 1er, regardons autour de nous. La force morale d’une nation pour affronter les menaces militaires, terroristes, politiques, idéologiques, est celle des liens culturels et du sentiment de chacun d’appartenir à un peuple et non seulement à une population»

« Cette force morale commence dans le civisme qui est l’expression de notre responsabilité commune dans l’espace public, condition de notre liberté »

« C’est pourquoi nous avons fait à Cannes en 2014 de la lutte contre l’incivisme le cœur de notre action municipale. Nous l’avons engagée sur la base d’un constat critique et réaliste, repris depuis par d’autres villes et c’est tant mieux »

« Ce constat quel est-il ? Celui d’un glissement progressif, fait de renoncements aux gestes les plus élémentaires du savoir-vivre »

« De la même manière que nous avons vu surgir l’enfant-roi, nous voyons se multiplier les expressions d’un individualisme outrancier »

« à tel point qu’il oublie que dans une société démocratique, donc libre, notre liberté est forcément toujours bornée par celle des autres et que le droit de réclamer tout et son contraire constitue une immaturité civique qui, au nom de la liberté, en est le contraire »

« elle est une servitude, la servitude à ses propres caprices et à sa propre irresponsabilité jusqu’à l’agression à l’encontre de personnes représentants l’autorité »

« Est-il envisageable dans un pays civilisé qu’on en vienne à caillasser des pompiers qui portent secours, attaquer des policiers à coup de tirs de mortiers, tuer un maire en exercice comme mon collègue Jean-Mathieu Michel dans le Var en 2019 ? »

« En 2019, puisque l’année 2020 a été marquée par les confinements le référentiel n’a pas de valeur, ce sont 7 262 actes de violence qui ont été commis contre des personnes dépositaires de l’autorité publique. C’est 83% de plus qu’en 2010 »

« Mes amis, l’insécurité n’est pas une vue de l’esprit et, au quotidien, l’incivisme est la porte d’entrée du nihilisme, donc de la barbarie, parce qu’il dissout la solidarité nationale »

« Il est la négation du « nous » au profit du « je ». Et lorsqu’il n’y a plus de « nous », il y a recul de la société, de la communauté nationale, recul de la civilisation »

« C’est le danger qui nous guette à différentes échelles. A notre niveau individuel, par le non-respect des règles de propreté et de tranquillité dans l’espace public. Mais pas seulement »

« Si les incivilités sont une chose, révélatrice du laisser-aller, l’insécurité en est une autre, expression de la violence proportionnelle à la déliquescence de l’État régalien. »

« Au niveau collectif, par le phénomène des bandes liées aux trafics. Cette situation est vécue au quotidien par nombre d’entre nous, dans une tour d’immeuble, souvent insultés, parfois agressés ou importunés, ou détroussés la nuit dans des rues de centre-ville »

« Nous devons faire face à la poussée des mouvements communautaristes, racialistes, à la cancel-culture qui proposent la même démarche séparatiste : déconstruire la France dans son histoire, dans son identité, dans ses références intellectuelles, culturelles »

« C’est donc cela que nous devons refonder, de façon urgente, déterminée ; c’est l’idéal français. La spiritualité française qui a baigné toutes les époques et les générations depuis des siècles, ce qui n’a pas empêché les évolutions et l’enrichissement venus de l’extérieur »

« Mais à un moment donné, nous devons savoir qui nous sommes, nous devons dire qui nous sommes, nous devons être fiers de ce que nous sommes »

« Ce « nous » n’est pas en France la première personne au pluriel d’une origine ethnique, mais l’affirmation d’un sentiment d’appartenance, d’une volonté commune, dans le bel esprit de la République française »

« Il convient de balayer d’un revers de la main, sans débat, sans états d’âme, tout ce qui voudrait porter atteinte à ce passé que nous assumons dans son ensemble, sans être aujourd’hui responsables et encore moins coupable de ses parts d’ombre »

« C’est en nous retrouvant dans ce récit commun que nous pourrons redonner de la cohérence, de la cohésion, de la communion à la Nation. On ne nait pas seulement Français, on le devient par choix »

« Nul n’est exclu de son flux pour peu qu’il lui ouvre son cœur. Elle est là notre liberté. Et pour celui qui, tel le pèlerin de Compostelle, se lance à sa quête, elle est une découverte, une rencontre, une révélation »

« Et c’est en un acte de libération. Car si la liberté est un état, la libération est une volonté en action »

« Reste à convenir d’une définition commune. De la même manière que nous sommes passés de la vérité à la post-vérité, avec l’émergence des réseaux sociaux et le déversement de fausses informations »

« Ainsi donc, de la même manière que nous voyons s’opérer la transition de la post-vérité, il est à craindre désormais, au regard de la tension et disons-le des affrontements auxquels nous assistons »

« Les hommes et les femmes que nous célébrons aujourd’hui ont éprouvé leur liberté propre à l’épreuve de la nécessité de défendre une liberté collective, la liberté du pays, sans laquelle la leur n’avait plus aucun sens, plus aucune existence »

« N’oublions pas que « le droit à » a pour corolaire « le devoir de », qu’aucune liberté ne tient sans responsabilité. Nous ne pouvons pas d’un côté tout attendre de l’État et de l’autre déverser sur lui toutes nos frustrations »

« Pour sortir de l’étatisme, chacun doit éprouver sa faculté à être maître de son destin. C’est là aussi un acte de libération. Non pas de rejet de l’État mais de limitation de l’État à son rôle régalien et d’incarnation de nos propres existences »

« Il nous faut prendre notre destin en main, nous émanciper et assumer nos vies sans être systématiquement dans la demande, dans l’attente, dans le transfert de nos responsabilités sur un hypothétique État providence »

« Le second sujet est celui des menaces extérieures, liées à la situation internationale et du rôle de la France dans le monde qui se dessine sous nos yeux, à défaut de nos mains »

« En Europe d’abord, nous voyons comment la France s’est progressivement effacée de son rang et ce alors même que nous nous apprêtons à assumer la présidence tournante du Conseil européen au premier semestre 2022 »

« Comme au plan national, aucune vision politique hormis des incantations stéréotypées, aucun projet, aucune réforme pourtant nécessaire au fonctionnement légitime, démocratique et représentatif des institutions européennes, sur la table pour renforcer les États européens »

« L’autre événement de l’actualité internationale qui ne manque pas de préoccuper, c’est évidemment le fiasco de la coalition en Afghanistan »

« il aura fallu 20 ans, 1000 milliards de dollars et combien de morts, dont parmi nos soldats, pour revenir à la case départ, laisser le pays à la reconquête immédiate des talibans, abandonner le peuple afghan à la désillusion de l’espoir que nous avions fait naître en 2001 »

« C’est non seulement une défaite militaire et politique, mais aussi une défaite morale et l’avènement d’un grand danger pour l’Occident face à des islamistes radicaux renforcés dans leurs convictions de puissance »

«La faiblesse que nous venons de démontrer nous expose à l’intérieur comme à l’extérieur du pays à de nouvelles attaques terroristes, à la reformation de groupes islamistes, dans une région qui, avec le Pakistan voisin, pourrait devenir une citadelle imprenable»

« Les événements sont tragiquement parlant avec l’entrée sur le territoire, il y a 24 heures, d’un afghan affilié aux talibans, accueilli parmi les réfugiés que la France s’est fait le devoir moral de rapatrier pour service rendu »

« Comment garantir la sécurité du territoire si, dès le départ, nous ne sommes pas en mesure d’empêcher l’infiltration d’une menace supplémentaire. Cet individu ne doit pas être surveillé, détenu, il doit être expulsé sans délai »

« il est évidemment indispensable que les autorités françaises garantissent en amont l’intégrité des personnes embarquées dans nos avions et rejettent tout individu ayant à répondre d’un engagement ou d’une proximité avec le terrorisme »

« J’entends espérer certains membres du gouvernement français que les talibans de retour au pouvoir aient changé et constituent un gouvernement « inclusif ». Mais comment peut-on être aussi naïf ? Comment peut-on être aussi aveugle ? »

« Confrontée à cette mouvance internationale, à cette impermanence de la puissance occidentale et à la menace qu’elles font naître dans nos sociétés, il est bien évident que la France doit pouvoir s’appuyer sur une armée solide »

«Nous avons des soldats exemplaires, au courage et au sens de l’honneur indéniables. Si on peut se féliciter de l’augmentation du budget de la Défense depuis 3 ans, est-elle à la hauteur des guerres tribales et des guerres modernes, dont à longue portée et numériques à venir ?»

« Est-ce que nos moyens, nos outils, nos appareils sont adaptés à la menace globale qu’exprime le réarmement des États-Unis, de la Chine, de l’Inde, de la Russie pour ne citer que les plus grands ? »

« Nous devons donc d’une part cerner les forces en présence, sceller ou renforcer les alliances légitimes et utiles à nos intérêts pas seulement militaires mais politiques, économiques, civilisationnels, et incarner une voie de sagesse autant que de solidité »

« Comme l’écrivait Antoine de Saint-Exupéry : « Dans la vie, il n’y a pas de solutions, il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions suivent. » Et bien mes chers amis l’heure est à la mise en mouvement de ces forces positives »

«C’est le rôle de la France des Lumières, de la Libération, c’est le rôle de la France de la victoire de montrer le chemin de la liberté, de l’indépendance, de l’autonomie, de la paix et de la sécurité, en étant fidèles à nos valeurs universalistes et humanistes»

« Le grand Périclès, modèle politique, l’avait formulé près de cinq siècles avant Jésus-Christ : « Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. » 1940 aurait pu marquer la fin de l’histoire, de notre histoire »

« Mais des hommes et des femmes de volonté se sont levés pour briser la fatalité. Ils ont pris le destin du pays en main, accomplissant par la même leur propre destinée »

« Je crois qu’il existe encore parmi nous, en nous, l’impulsion nécessaire au sursaut qu’est l’espérance. À nous chers amis de réveiller l’espérance dans notre pays. Apportons-lui notre enthousiasme »

« A nous de l’exprimer dans notre vie individuelle, familiale et sociale. Donnons à la France l’énergie dont elle a besoin pour sortir de son atonie »

« Il y a dans le peuple français une ressource extraordinaire, c’est son génie, sa créativité et sa volonté qui ne s’expriment jamais mieux qu’en temps de crise »

« Dans le prolongement de nos aînés, dans le prolongement de ceux de 1940, entrons dans la carrière. Comme le dit notre hymne national : nous y trouverons certes leur poussière mais aussi la trace de leurs vertus »

« Qu’elles nous inspirent dans notre responsabilité civique et nous accompagnent dans la construction d’une société juste, libre et en paix »

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