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David Lisnard : « Promouvoir une AMF indépendante, c’est défendre les énergies locales »

Fait inédit à l’Association des maires de France : deux listes se font face pour la succession de François Baroin, le maire LR de Troyes qui ne souhaitait pas se représenter. Successeur désigné, le maire LR de Cannes, David Lisnard, défend un projet d’indépendance de l’AMF vis-à-vis de l’exécutif.

(Le Télégramme – 08/11/2021)

Quel projet défendez-vous devant les maires qui se réuniront en congrès du 16 au 18 novembre ?

J’y vais avec la volonté de défendre l’indépendance de l’AMF, fondement depuis 1907 de sa crédibilité à faire entendre les communes. La garantie en est le caractère transpartisan de la liste que je conduis avec André Laignel (maire PS d’Issoudun, NDLR), où tous les partis sont représentés : le PCF, EELV, des centristes ou des LR comme moi. Cela permet de parler d’une seule voix et d’éviter une dérive politicienne. Enfin, la majorité de mes soutiens n’ont pas d’engagement partisan. Ce sont des maires de la ruralité, qui ont beaucoup de mal à se faire entendre.

C’est-à-dire ?

La moitié de la population française habite dans des communes de moins de 10 000 habitants et 17 000 communes ont moins de 500 habitants. Il est donc important que l’AMF fasse entendre la voix des maires ruraux sur les déserts médicaux, sur leur perte de pouvoir en matière d’urbanisme. Ils sont soumis à des injonctions contradictoires : on leur demande de faire plus de logements et d’équipement tout en suspendant les projets au titre de la zéro artificialisation nette des sols…

Que proposez-vous ?

Je pousse pour une AMF forte de son utilité. Avec la fin du cumul des mandats de député et de maire, beaucoup de textes pondus à l’Assemblée sont hors-sol, déconnectés des réalités. Je propose qu’un groupe de travail réunisse parlementaires, maires et responsables d’administration sur les lois qui concernent les communes. Je mettrai aussi une ligne accessible 24 heures sur 24 pour les maires qui sont agressés, menacés et qui rencontrent des crises majeures pour que l’AMF leur vienne en aide. De même, l’AMF proposera un préconseil pour permettre aux petites communes de répondre aux appels à projet.

Avec votre mouvement Nouvelle Énergie, vous visiez l’investiture de la droite à la présidentielle, avant d’y renoncer en septembre. Gardez-vous des ambitions nationales ?

Je n’ai pas brigué une telle investiture mais considérais qu’il fallait prendre position à un moment où on nous enfermait dans un duel Le Pen-Macron. Quand François Baroin n’a pas souhaité se représenter à la tête de l’AMF et qu’il a pensé que je pouvais être un successeur crédible, alors j’ai choisi de m’investir de façon pleine et entière. Promouvoir une AMF indépendante, qui défend les communes, c’est défendre une vision du pays qui se fonde sur les énergies locales, qui veut sortir du carcan de l’hyper-administration.

Quel candidat à la présidentielle allez-vous soutenir au congrès LR du 1er au 4 décembre ?

Je suis concentré sur le combat qui est le mien, celui de défendre l’AMF. Je n’ai pas de déclaration à faire sur le congrès de LR.

Vous ne tenez pas à vous couper du soutien des quatre autres candidats ?

Les militants sont assez adultes pour choisir leur candidat. Et je voterai aussi. Mais ce serait une erreur et pas respectueux de prendre aujourd’hui position pour tel ou tel. Tous les candidats au congrès de LR soutiennent le combat que je mène pour l’AMF.

Selon François Baroin, Emmanuel Macron devrait « honorer de sa présence le congrès de l’AMF ». Avec vos soutiens, vous réservez un comité d’accueil ?

Je n’ai jamais hué quiconque de ma vie. J’ai vu des présidents de la République venir et se faire huer ou siffler, ce fut le cas de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Pour ma part, je pense qu’on doit accueillir avec respect et indépendance les représentants de l’exécutif quels qu’ils soient. Cela donne d’autant plus de force à nos positions.

La présidence de l’AMF est un lieu de pouvoir, un lien entre l’exécutif et les 35 000 maires sur le territoire. Quelles relations avec le gouvernement souhaitez-vous installer ?

Des relations loyales et de respect réciproque quel que soit le gouvernement. Ce seront des relations exigeantes pour que les maires soient respectés, ce qui n’a pas toujours été le cas, notamment ces dernières années. Je pense en particulier à la nationalisation de la taxe d’habitation qui a privé les maires de la responsabilité fiscale et a coupé le lien civique entre l’habitant et la commune. L’autonomie financière a été amputée de cette ressource et les maires sont priés de réclamer des dotations. L’autre élément c’est le hashtag #BalanceTonMaire lancé par l’exécutif en 2018 juste avant les gilets jaunes. Après, il y a eu un changement de ton et l’exécutif est passé à « Accroche toi à ton maire ». Il est temps d’avoir des relations respectueuses et utiles au pays. C’est dans cet esprit-là que j’entends travailler si je suis élu président de l’AMF.

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