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Environnement : Cannes protège sa baie, la faune et la flore marines

Dans un post publié cette semaine sur son profil Facebook officiel, David Lisnard a rappelé l’importance des actions municipales pour préserver le milieu maritime mais aussi celle des tout un chacun dans son rapport à la nature et à son environnement quotidien :

« Notre ville est devenue pionnière et très volontariste dans la protection de la méditerranée. Il s’agit d’un sujet, vous le savez, crucial à mes yeux et pour lequel je m’investis beaucoup. C’est donc avec plaisir et la satisfaction de voir reconnues nos actions cannoises que j’interviendrai au LH Forum, au Havre, en présence notamment d’Edouard Philippe, le 23 septembre prochain. Je remercie à ce titre l’Institut de l’Economie Positive pour cette invitation, qui permettra de partager les actions concrètes mises en place depuis 2014 à Cannes, et d’évoquer les différentes stratégies à adopter pour développer une « économie bleue ».

Cannes se situe exactement à la croisée de ces deux enjeux : d’une part un patrimoine naturel maritime exceptionnel, avec deux joyaux que sont les îles de Lérins à protéger, d’autre part une ville historiquement bâtie sur l’économie liée aux activités nautiques, qui, avec la pêche, font son identité et ont participé à sa renommée internationale. Tout l’enjeu pour une ville comme la nôtre et sa baie, au cœur de la Côte d’azur, et a fortiori pour un pays comme la France (qui se doit d’être exemplaire en matière de protection de l’environnement tout en faisant valoir ses atouts et filières d’excellence, dont le nautisme et le tourisme) est de concilier ces deux légitimités.

Ce juste milieu, cet équilibre nécessaire, guident les actions que nous menons localement. Une expression symbolique en est notre écomusée, le premier de France et de Méditerranée de l’artiste international Jason deCaires Taylor, installé l’année dernière entre les îles Sainte-Marguerite et Saint-Honorat : six statues sous-marines qui ont permis d’étendre la zone d’interdiction de mouillage dans un secteur souvent qualifié de trésor environnemental, et de recréer la biodiversité à même ces visages moulés selon des modèles cannois.

Cet écomusée, qui rencontre depuis un fort succès bien au-delà de notre simple Côte d’Azur, est ainsi devenu un élément fort d’attractivité et de sensibilisation à la protection de notre patrimoine maritime, notamment auprès des plus jeunes publics.

La sensibilisation, premier levier pour encourager le civisme environnemental, reste essentielle pour cette cause si urgente qu’elle doit concerner chacun de nous et donc imprégner les esprits. C’est dans cette idée que nous avons lancé, de manière pionnière, notre vaste campagne « Ici commence la mer » en 2016, depuis reprise par de nombreuses villes de France et d’Europe et, plus récemment, par le Gouvernement. En apposant plus de 800 pastilles sur le sol, devant les avaloirs pluviaux de l’ensemble du territoire intercommunal, nous voulions marquer le coup avec clarté et pédagogie, afin que chacun prenne conscience des conséquences induites par un geste parfois anodin.

Il en est de même pour notre « Poisson pédagogique », conçu par les équipes de la Propreté Urbaine en 2019, qui sillonne nos plages depuis maintenant deux ans et qui a depuis été adopté par les Cannois comme les visiteurs.

Protéger l’environnement marin, c’est aussi agir concrètement et directement sur l’écosystème, en déployant des dispositifs simples et pragmatiques, tels que les 75 nurseries à poissons que nous avons installées dans nos deux ports désormais labellisés « Ports propres » – le Vieux-Port et le Port Canto – qui ont par exemple permis de donner naissance à des mérous royaux, espèce en voie de disparition. Parmi ces actions, citons aussi nos filets de rétention à macro et micro déchets disposés en sortie de vallons, capables de retenir gros et petits déchets, y compris les mégots de cigarettes.

Protéger l’environnement marin, c’est travailler main dans la main avec l’ensemble du tissu associatif et les professionnels concernés : c’est ainsi que nous avons d’abord établi une charte d’interdiction d’utilisation de vaisselle en plastique jetable, signée par tous les kiosquiers du bord de mer en 2019, puis élargi ce dispositif à l’ensemble des exploitants du domaine public l’année d’après, dans le cadre de notre Plan Zéro Plastique signé par 940 partenaires – organisateurs d’événements, restaurateurs, plagistes, partenaires associatifs – et élaboré, avec la Préfecture maritime de la Méditerranée et les associations d’usagers, une règlementation de mouillage respectueuse de l’environnement marin à l’égard des navires de plus de 24 mètres.

De même, nous avons été la première ville de Méditerranée à élaborer une Charte Croisière très stricte pour lutter de façon concrète et immédiate contre les paquebots pollueurs, signée, dès 2019, par 100% des croisiéristes faisant escale à Cannes. Celle-ci oblige notamment les compagnies à utiliser un carburant contenant moins de 0,1% de soufre – donc en-deçà des normes en vigueur – et à contourner les herbiers de posidonies lors des manœuvres d’ancrage. Notre charte interdit aussi le rejet d’eaux usées issues du système de lavage des fumées (scrubbers) et l’incinération de déchets à bord (je rappelle, par ailleurs, le fait que les maires n’ont pas hélas de pouvoir de police sur le domaine maritime au-delà de la bande des 300 mètres, chose qu’il est urgent de changer si l’on veut pouvoir agir avec efficacité comme je l’ai rappelé lors de mon échange avec la Ministre de la mer dans le cadre du Cannes Yachting Festival, la semaine dernière. Or, les paquebots mouillent au-delà de ces 300 mètres, c’est pourquoi parvenir à faire adopter notre charte était essentiel car la mairie n’a aucun moyen de les interdire).

Je me félicite aujourd’hui que cette charte pionnière ait ensuite été reprise par d’autres collectivités ; cette mesure ne peut effectivement être opérante que si nous sommes nombreux à nous sentir concernés et à agir.

De même, les recherches scientifiques doivent être encouragées et soutenues, pour faire de la mer à la fois une ressource propre – je pense à la thalasso thermie que nous allons développer à ,cannes en matière énergétique – et une solution dans la lutte contre le réchauffement climatique avec la protection et le développement des espèces qui captent le CO², dont bien sûr nos chères posidonies, particulièrement protégées à Cannes.

Loin soit de l’indifférence soit des postures extrémistes – et souvent aux effets contraires à leurs intentions affichées – des uns ou des autres, il est essentiel de nous tourner vers un avenir qui saura concilier de manière harmonieuse les impératifs environnementaux et économiques, qui sont déjà les nôtres aujourd’hui, et qui le seront encore dans les prochaines décennies.

Pour ce faire, le travail intelligent avec les partenaires associatifs et/ou institutionnels est un élément clef, et je tiens à ce titre à clore mon propos en remerciant tous ces maillons qui, à titre d’exemple, nous ont permis de mettre en place une Zone de Mouillage et d’Equipements Légers de 14 hectares au nord de l’île Sainte-Marguerite ou des bouées d’amarrage écologiques à destination des bateaux de plongée autour des îles de Lérins, ou qui participent simplement au nettoyage de nos fonds marins, qu’il s’agisse de manière régulière ou plus ponctuelle.

Car protéger l’environnement marin, c’est avancer ensemble. »

David LISNARD

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