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Phase 2 du déconfinement : l’anticipation cannoise

A la suite des annonces du Premier ministre, jeudi soir, David Lisnard a indiqué la méthode cannoise pour accompagner les particuliers et professionnels dans le retour au principe de liberté.

« Après les annonces d’amplification du déconfinement, la problématique est plus que jamais de concilier – même de favoriser – la reprise économique, et parallèlement d’éviter une reprise de l’épidémie.

C’est tout ce qui nous guide dans notre action quotidienne à l’échelle municipale, à travers les choix d’organisation des espaces publics, les règles circonstanciées de port du maques obligatoire dans les transports publics et certains lieux clos, l’accompagnement des entreprises et l’anticipation de l’évolution de la situation sanitaire et réglementaire.

Dès lors, sur la base des annonces gouvernementales de ce jeudi soir (dont certains points doivent être précisés et éclaircis) d’une part, de l’évolution de données scientifiques d’autre part (que nous essayons en mairie de suivre de près vous le savez pour ceux qui me lisent régulièrement), nous allons agir, tel que nous l’avions heureusement largement anticipé et le prévoyions, dans les prochains jours et heures à Cannes, pour la reprise sécurisée de l’économie (je n’évoque pas ici toutes les mesures, évolutions et assouplissements de règles et vous invite dès demain à consulter la version mise à jour en ligne de notre guide cannois du dé confinement) :

Nous procéderons à l’accompagnement sanitaire des établissements de restauration (brasseries, restaurants, bars, établissements de plage, etc). Il s’agit d’une prestation originale, première en France, par le service municipal de l’Hygiène qui, outre ses missions habituelles de contrôle et le cas échéant de répression, fournira, pendant cette période de transition et de début de reprise, du conseil et de l’accompagnement sanitaire. Je présenterai le dispositif demain depuis un établissement concerné.

Nous continuerons d’aménager et d’adapter les espaces publics pour permettre aux piétons de ne pas se frôler dans les lieux les plus fréquentés et d’élargir les terrasses. Cette nouvelle extension des terrasses permettra d’accueillir un nombre important de clients pour atteindre le seuil de rentabilité.

Toujours dans cet esprit visant à permettre à l’offre d’exister et à la demande d’être présente, nous prolongeons et amplifions des exonérations fiscales, non seulement par l’intercommunalité s’agissant de la fiscalité économique sur les entreprises, mais aussi à l’échelle communale avec les exonérations d’occupation commerciale du domaine public, une gratuité dans un premier temps puis une valorisation progressive de la tarification (en précisant au passage que la tarification des terrasses est à Cannes une des plus faibles de France). Ainsi, non seulement les établissements, grâce aux élargissements de terrasses lorsque cela sera matériellement possible, pourront potentiellement accueillir un nombre de clients important par rapport à leurs charges fixes mais également voir leur marge améliorée par ces baisses et exonérations fiscales.

Parallèlement à ce soutien à la reprise de l’offre, sans laquelle aucune économie n’est possible, il faut également soutenir la demande. Dans ce cadre,
> Nous continuerons les opérations HELPCOMMERCES et des incitations à consommer local par des aides financières à des publics sociaux prioritaires, y compris pour de la consommation à destination des restaurants et brasseries.
> Nous continuerons nos actions pour le stationnement facile et bon marché. Les offres tarifaires des huit grands parkings en ouvrage municipaux de Cannes Parking bien sûr sont extrêmement attractives (3h gratuites chaque samedi, idem chaque dimanche, idem chaque jour férié, 2h gratuites en semaine, entre autres offres) et nous maintenons jusqu’au 30 juin la gratuité des places qui normalement sont payantes sur les espaces publics. Ensuite, il y aura une demi-heure gratuite sur toutes ces places et les 15600 autres places de surface en ville resteront totalement gratuites. Aucune place de stationnement n’est supprimée pendant la piétonisation du carré d’or, qui est maintenue. Nous y avons veillé scrupuleusement. Parallèlement, la semaine prochaine, le stationnement sera rétabli Bd du midi pour soutenir l’activité des kiosques et, si bien sûr celle-ci est confirmée dans le décret gouvernemental prévu ce week-end, accompagner la plus grande liberté d’utilisation des plages (par groupes de 10 maximum séparés entre eux d’au moins deux mètres). Donc, il est pratique, facile et bon marché de venir en automobile à Cannes et de se garer. Il faut le répéter, c’est très important.
> Nous continuerons de développer des espaces publics agréables, sécurisés, pour les piétons, avec de belles zones piétonnes, et un soin particulier sur la propreté, l’éclairage, la présence policière. Le Carré d’or restera piéton, et la rue d’Antibes redeviendra ouverte aux voitures.
> Nous avons mis en place des pistes cyclables supplémentaires. Elles seront maintenues, pour faciliter le recours au vélo (nous comptons une forte augmentation du nombre de trajets en vélo par rapport à la même période sur l’année dernière).
> Toujours pour favoriser la fréquentation et donc la demande potentielle, nous déployons la campagne de marketing, de publicité et d’offres commerciales touristiques, que j’avais présentée la semaine dernière, sur le thème de l’ « exotisme local ».

David Lisnard continue de suivre les avancées de la recherche

Le deuxième axe de préoccupation est celui de la vigilance face à la maladie. Il faut continuer à analyser les évolutions de la situation sanitaire, de la recherche, et tenter de comprendre les différents scenarios épidémiologiques que nous rencontrerons le cas échéant dans les prochaines semaines et les prochains mois.

Pour l’instant, en France et en Europe continentale, si le virus reste présent (et mortel), c’est de façon beaucoup plus limitée et très circonscrite soit à des cas particuliers soit à des foyers (les fameux clusters). Chez nous, la situation est devenue très bonne.

Il est donc absolument nécessaire, pour éviter un retour de l’épidémie, d’une part en tant que citoyen de faire preuve d’un grand civisme en respectant les distances physiques, en mettant le masque lorsqu’on est en contact prolongé et proche avec les autres, je pense une fois de plus aux transports publics et aux supermarchés et dans certains bureaux et lieux d’accueil du public, et parallèlement qu’il y ait une campagne de dépistage beaucoup plus massive. Hélas, une fois de plus, nous constatons en la matière une différence entre les annonces nationales et la réalité sur le terrain puisqu’il y a toujours carence de certains réactifs pour les tests PCR. Les tests sérologiques eux sont enfin homologués, au nombre de 23, et peuvent être effectués pour savoir si nous avons été exposés à la maladie.

S’agissant des évolutions de la recherche, les éléments positifs suivants peuvent être évoqués :

– Les effets positifs d’un climat chaud sont avérés. L’Académie Nationale de Médecine a produit une communication à ce sujet le 25 mai dernier en comparant les données de plusieurs zones géographiques mondiales. Elle conclut à une corrélation entre l’élévation de la température et du taux d’hygrométrie, et la baisse de la viabilité du virus. Cette corrélation permettrait de démontrer qu’une augmentation de 1°C de la température est associée à une diminution de 3,1% des nouveaux cas et de 1,2 % des décès. L’Académie Nationale de Médecine précise aussi que « les résultats de cette enquête attestent que l’indice de diffusion, de 2,67 en Europe pour une température moyenne de 11,2°C, s’abaisse à 0,03 en Afrique subsaharienne où la température moyenne est de 34,8°C. Ils confirment les observations selon lesquelles les climats chauds ont un effet réducteur sur la transmission de SARS-CoV-2 et confortent l’hypothèse d’une influence saisonnière du climat sur l’épidémiologie de la Covid-19 dans les pays tempérés. »

Dès lors, on peut s’attendre à ce que les tendances actuelles, excellents sur notre territoire et en particulier à Cannes, s’accentuent avec l’été, bien sûr si nous respectons les gestes de protection sanitaire évoqués précédemment.

On peut aussi en déduire, et c’est ce que fait l’Académie Nationale de Médecine, qu’il est possible (mais pas certain) qu’il y ait une résurgence épidémique après l’été. C’est pourquoi nous prévoyons à Cannes, dans l’hypothèse où cette résurgence serait une réalité, les mesures dans ce cas nécessaires à l’automne pour protéger la population tout en permettant à l’activité sociale et économique de continuer.

– Les recherches sur la vitamine D et son influence protectrice à l’égard du Covid. Nous connaissons les vertus protectrices de la vitamine D qui prévient par exemple l’ostéoporose en combinaison avec le Calcium, permet de lutter contre l’émergence de certains types de cancers, et aussi stimule l’immunité. C’est le cas semble-t-il face au Covid-19. La vitamine D joue un rôle dans la régulation et la suppression de la réponse inflammatoire cytokinique à l’origine du syndrome de détresse respiratoire aigu (dont je vous ai déjà parlé ici dans des précédents post, syndrome appelé également « effet poumons blancs » qui caractérise la surinfection de l’organisme lorsque le Covid-19 s’y répend, avec des conséquences sévères et souvent létales).
Une corrélation significative entre de faibles taux sériques de vitamine D et la mortalité par Covid-19 a été démontrée dans une étude récente et évoquée là-aussi par un communiqué de l’Académie Nationale de Médecine. Si la vitamine D n’est pas un médicament et un traitement face à ce virus, elle peut cependant être considérée comme un apport préventif de l’infection due au Covid, en atténuant la tempête inflammatoire et ses conséquences. Ce n’est pas une solution, il faut bien le répéter, mais un élément positif pour contribuer à se protéger de la maladie lorsque l’on est contaminé. La vitamine D, vous savez comment la produire ou vous la procurer : d’abord par l’exposition au soleil mais aussi par certains aliments (très présents d’ailleurs en Europe du nord, ce qui peut contribuer à expliquer quelques données statistiques positives sur l’épidémie dans ces pays), je pense en particulier à l’huile de foie de morue, au saumon, au hareng et à la truite, au lait de vache, au jaune d’œuf. Il existe bien sûr aussi des compléments alimentaires de vitamine D.

– Le Remdesivir. Plus de trois semaines après l’annonce d’un haut responsable scientifique américain sur les effets thérapeuriques potentiellement positifs du Remdesivir, une étude a révélé que le Remdesivir, injecté quotidiennement par voie intraveineuse pendant 10 jours, a accéléré le rétablissement des malades hospitalisés du Covid-19, par rapport à un placebo : 11 jours contre 15 en durée médiane. Étaient considérés rétablis les patients en état de rentrer chez eux. L’effet était le plus important chez les malades hospitalisés mais qui n’étaient pas sous respirateur artificiel. Le Remdesivir a également semblé réduire la mortalité : 7,1% des patients du groupe Remdesivir sont morts sous 14 jours, contre 11,9% dans le groupe placebo, mais ce résultat est juste en-dessous du seuil de fiabilité statistique, et on ne peut exclure que la différence soit due au hasard. Dans tous les cas, le Remdesivir ne donne donc pas de garantie de survie, insistent les auteurs de l’essai : « Il est clair qu’un traitement antiviral ne sera sans doute pas suffisant à lui seul », écrivent-ils.

La clé du traitement du Covid-19 passera sans doute par des combinaisons de traitements, le Remdesivir avec d’autres antiviraux ou d’autres types de thérapies.

Aux États-Unis, l’Agence des médicaments (FDA) a autorisé le 1er mai l’utilisation en urgence du Remdesivir dans les hôpitaux, suivie par le Japon, tandis que l’Europe envisage une décision similaire.

– Propagation du virus : “Why do some COVID-19 patients infect many others, whereas most don’t spread the virus at all ?”

Dans chaque pays ou presque touché par la pandémie, un événement collectif, tenu en lieu clos a facilité la propagation du virus.

La Covid-19 comme le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) semblent attaquer des groupes de personnes dans des lieux clos et non à l’air libre, ce qui pourrait permettre de mieux affiner les règles sanitaires en vigueur et d’assouplir les restrictions sur les activités de plein air.

Cette étude cite, par exemple, la chorale d’une église de l’Etat de Washington (53 malades sur 61 personnes réunies), un dortoir de travailleurs migrants à Singapour, une série de concerts à Osaka, au Japon, un cours de zumba en Corée du Sud.

En France, un des événements au cours duquel a été le plus diffusé le covid est le rassemblement évangélique de Mulhouse. Nous pourrions ajouter le porte-avions Charles de Gaulle, malheureusement des Ehpad, et chez nous le commissariat de police nationale.

Cette étude révèle également que certaines personnes transmettent beaucoup plus de virus et pendant une plus longue période que d’autres, peut-être en raison de différences dans leur système immunitaire. Une étude de 2019 sur des personnes en bonne santé a démontré que certains expirent beaucoup plus de particules que d’autres lorsqu’ils parlent. Cela pourrait expliquer la multi-diffusion du virus lors d’événements comme des concerts, des chorales ou des prêches. Le plus souvent dans des lieux clos.

Une étude japonaise a aussi confirmé que le risque d’infection à l’intérieur est presque 19 fois plus élevé qu’à l’extérieur. Dernier facteur de plus en plus observé avec attention : la température dans les lieux clos. Plus elle est basse, plus elle permet au virus de survivre. Ce qui expliquerait les cas dans de nombreux abattoirs et le lien entre la climatisation de certains restaurants et des contaminations de clients observé en Chine.

Autre facteur important : certains individus touchés par la maladie sont des grands diffuseurs de celle-ci, quand d’autres ne la transmettront pas, explique Jamie Lloyd-Smith de l’Université de Californie à Los Angeles, qui a étudié la propagation de nombreux agents pathogènes. L’un des chiffres les plus observés par les épidémiologistes est le nombre moyen de nouvelles infections causées par chaque patient. Sans distanciation sociale, ce nombre de reproduction est d’environ trois. Mais dans les faits, certaines personnes en infectent beaucoup d’autres et d’autres ne propagent pas du tout la maladie. Ce dernier cas serait même la norme, dit Jamie Lloyd-Smith. «La plupart des gens ne transmettent pas la maladie», poursuit-t-il. Pour Adam Kucharski de LSHTM , «probablement environ 10% des cas conduisent à 80% de la propagation».

– Toujours dans les études pertinentes, la revue Sciences a produit une analyse intéressante sur le rôle des cellules T. Les cellules T, ou lymphocytes T, sont aussi cytoxiques. C’est à dire qu’elles peuvent détruire des cellules infectées.

Deux études relèvent que les personnes infectées au Covid-19 hébergent des cellules T qui ciblent le virus. Il est également avéré que des individus n’ayant jamais été contaminés par ce type de coronavirus possèdent ces défenses cellulaires très certainement parce qu’elles auraient auparavant déjà été infectées par d’autres types de coronavirus.

Ce qui fait dire à la virologue Angela RASMUSSEN de l’Université de Columbia qu’« il s’agit de données encourageantes ». En effet, ces éléments permettent de penser que de fortes réponses des lymphocytes T aideront à conjurer le virus à l’avenir en permettant probablement le développement d’une immunité protectrice à long terme. Cela peut être également utile dans le cadre des recherches sur les vaccins.

Pour conclure, il faut continuer nos efforts, permettre à l’économie de reprendre, faire preuve de civisme tel que je l’ai souvent évoqué ici mais retrouver une vie sociale, et envisager la résurgence de la maladie en hiver sans qu’elle soit forcément inquiétante grâce d’une part à notre maitrise des gestes de protection, d’autre part aux progrès rapides de la science à la fois pour d’éventuels traitements curatifs et d’éventuels vaccins s’ils s’avéraient nécessaires. »

David LISNARD, Maire de Cannes

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