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David Lisnard : sera-t-il le futur maire de Cannes en 2014 ?

Article paru dans Sophia Mag de juin 2013

Propos recueillis par : Janny Plessis Lumeau

LMS Mag Juin 2013

Il est arrivé 1200e sur 50 000 au marathon de Paris. Une allure de jeune homme, deux téléphones à la main, une détermination de tous les regards et un langage avisé. Il court, c’est certain, mais après quoi court il ? Après le temps, lui qui cumule les activités, mais aussi après la mairie de Cannes qui finalement lui doit bien cela, lui qui a tout donné ses dernières 44 années à la ville.

Est-il besoin de le nommer : le nom de David Lisnard est sur toutes les lèvres dans la cité du Cinéma. Il est président du Palais des Festivals et premier adjoint au maire de Cannes. David, un prénom prédestiné quand on souhaite abattre des montagnes.  Qu’a-t-il appris de ce travail acharné, de ce monde politique dur, puissant et probablement exaltant ?
Certains adversaires veulent le faire passer pour distant, voir enfermé dans son bureau à traiter les dossiers. S’il est certain que le travail ne lui fait peur, et que les mondanités ne sont pas sa tasse de thé, il participe à bon nombre de rendez-vous avec les Cannois et aime le dialogue. Qui est David Lisnard aujourd’hui à un an des élections municipales ?

Comment envisagez-vous l’avenir en cas de victoire ou de perte de la Mairie de Cannes ?

Je n’envisage bien entendu pas la défaite car cela porte malheur ! Je pense que cette élection sera difficile et que les scores seront serrés. Ce n’est pas une étape pour moi, c’est beaucoup plus que cela, c’est la décision d’une vie, un long processus qui m’engage depuis longtemps. J’ai un véritable amour pour ma ville et le service de ses habitants, et on vit mieux lorsqu’on donne du sens à ce que l’on fait. Cannes est une cité particulière et nous devons la préserver, veiller à ce qu’elle demeure à taille humaine, tout en développant sa renommée internationale. C’est un statut unique. Par mon engagement, je réunis mes deux passions : servir les Cannois et la politique.

N’êtes-vous pas déjà au service des Cannois depuis douze ans dans l’équipe de Bernard Brochand et à la Présidence du Palais ?

Oui, Bernard Brochand a indéniablement embelli Cannes et nous n’avions pas eu de maire comme lui depuis Bernard Cornut-Gentille.
Il ne faut pas gâcher ce qui a été fait.
Après, il est évident que j’apporterai quelque chose de différent. J’ai assumé mes responsabilités en devenant candidat, en sachant que Bernard Brochand ne se représentait pas. J’ai beaucoup apprécié ces années de travail avec lui. Je lui ai apporté ma loyauté, mon soutien, mon indépendance d’esprit, ma liberté, toujours avec respect, notamment de ses « domaines réservés » et il m’a fait confiance en ce qui concerne les délégations qui m’incombaient.

Qu’apporterez-vous de nouveau à la Mairie de Cannes ?

Il y a des actions à terminer et un nouveau projet à inventer et engager. J’approuverai un nouveau management municipal, sur le modèle de ce qui se fait au Palais et au SICASIL, en respectant l’éthique, la simplicité, et un état d’esprit constructif. J’ai des convictions fortes sur la fiscalité et le respect du contribuable : pas de hausse des impôts communaux, désendettement de la ville, réduction des dépenses, tout en agissant pour la qualité de vie et l’attractivité de la ville. Une consultation a été engagée sur mon site Lisnard2014, qui concerne tous les quartiers et me permettra, en étant en phase avec les aspirations et les demandes des habitants, de proposer un programme de réalisations en adéquation avec la vie quotidienne des Cannois. Il faut conserver cette confiance et surtout la mériter, chaque jour un peu plus.
Qu’avez-vous appris d’essentiel aujourd’hui ?
Quel homme êtes-vous ?

J’ai toujours très envie d’apprendre du travail, de la vie, des joies et hélas des épreuves personnelles. Ma vie professionnelle et politique m’apporte beaucoup, mais celle avec mes enfants encore plus. J’ai 44 ans, je suis un homme de ma génération, qui a grandi dans le petit commerce. Je viens d’un milieu simple mais où l’éducation a une grande importance, le respect de valeurs, la fiabilité des relations humaines.
J’essaye aujourd’hui d’inculquer cela à mes enfants, en respectant ce qu’ont fait nos aïeux, y compris pour Cannes ! Mon arrière-grand-père, Léon Lisnard, a construit le marché Forville.
Enfin, je me fais une haute idée de l’engagement public et me suis préparé depuis de longues années pour ce mandat de maire. Sciences po, du droit, puis j’ai travaillé avec des gens qui m’ont apporté beaucoup, tel Jacques Pélissard, député et maire, grand avocat et Président de l’association des Maires de France. J’ai été son Directeur de cabinet, et côtoyer cet homme compétent et droit m’a beaucoup apporté. J’ai également appris de Pierre Laffitte, inventeur de Sophia Antipolis, dont l’appétence pour les idées et l’innovation est une bonne leçon de jeunesse. Et enfin Bernard Brochand, grand travailleur, meneur de projets, qui croit aux idées.

Est-ce facile d’être maire de Cannes aujourd’hui ?

Non, bien sûr que non. C’est une responsabilité exigeante de tous les instants, et il faut une bonne expérience juridique, financière, managériale pour gérer au quotidien  2 600 agents, plus de 300 millions d’euros de budget et cela dans une France en déclin et bureaucratique, une Europe en crise et une société déprimée, où tout le monde doute de tout le monde, notamment des politiques.
Mais j’ai beaucoup d’espoir, je rencontre beaucoup d’énergie chez les Cannois. Vous savez, j’arrive très tôt au travail au Palais et cette rencontre matinale quotidienne avec les agents de la sécurité, du nettoiement, de la logistique est un très bon carburant humain. On peut encore réussir des choses, entreprendre, agir ainsi pour le bien commun tant que l’on a la confiance des autres citoyens, alors que la parole publique est hélas si souvent dévalorisée.

Quel est votre projet en ce qui concerne les entreprises ?

C’est le sujet fondamental en ce moment. Mon ambition est de faire de Cannes une terre favorable aux entrepreneurs, attentive aux petits commerces, aux artisans, aux porteurs de projet, propice à l’initiative, une ville reliée à l’Université, avec des transports en commun performants, des logements pour actifs, une stabilité fiscale, le très haut débit, un hôtel d’entreprises, une pépinière, un Fab-lab, etc.

C’est la Bastide Rouge ?

Notamment, avec une zone d’activités reliée à Thales Alénia Space. Il n’y aura pas de prospérité sans entrepreneurs ! Je suis petit commerçant, je n’ignore donc pas l’importance des indépendants, des TPE et des PME. Je crois à la fertilisation croisée. J’aimerais faire de Cannes la capitale de l’économie créative avec les moyens de communication très qualitatifs, du très haut débit partout et pour tous pour permettre le développement des flux d’informations. Et je suis intimement persuadé que cette croissance passera par le respect de la qualité de vie dans les quartiers. Il n’y aura pas d’attractivité aujourd’hui sans un mélange d’artistes, d’entrepreneurs, de touristes, d’habitants, de chercheurs, tous réunis autour de cette notion de qualité de vie et d’environnement. Nous sommes tous porteurs potentiels d’un projet collectif et de sa réussite !

Comme l’OIN de Christian Estrosi ?

L’OIN est un projet fort. A Cannes, nous mènerons notre projet économique en zone urbaine.

Quelle vision avez-vous de l’intercommunalité telle qu’elle se présente aujourd’hui à l’Ouest du département ?

Comme le veut la loi, nous devions créer un établissement intercommunal à fiscalité propre avant le 1er Janvier 2014. J’espère qu’il sera le moins bureaucratique possible et qu’il apportera le plus d’économies d’échelles. J’y crois, en particulier en matière de transports. Bernard Brochand a pris ce dossier à bras le corps, en préservant l’intérêt des communes, tout en essayant de créer un élan collectif.

Ce périmètre vous convient-il ?

Le périmètre d’ambition territoriale dans l’équilibre départemental est Cannes-Grasse-Antibes, c’est certain. Nous avons recentré nos ambitions afin d’éviter toute déperdition de moyen au détriment de cinq communes qui restent indépendantes et qui ont décidé de se regrouper. Les intérêts de notre territoire ont bien été défendus et un pôle métropolitain offrirait des perspectives de cohérence de tout l’Ouest du 06.

Etes-vous inquiet de la situation du pays, du monde, avec cette crise qui pénalise chacun, même les commerçants de Cannes ?

Forcément. Car la réalité économique est difficile. Le gouvernement est très mauvais. Les médias ont aussi une part de responsabilité dans cette déprime avec un traitement évènementiel et émotionnel de l’information. Il faut remplir les écrans en info continue et cette addiction à l’actualité est préjudiciable à la réflexion. Le citoyen ne supporte plus les postures, qui deviennent impostures, voire mensonges parfois, de certains hommes politiques qui oublient trop souvent qu’ils sont simplement des citoyens engagés. Mais nous ne pouvons pas nous permettre d’être pessimistes lorsque nous nous engageons pour les autres. En fait, pour répondre à votre interrogation, la seule question qui vaille est :
«  Comment adapter la France au nouveau monde, en valorisant l’environnement et en créant de la richesse et des emplois afin de protéger notre qualité de vie ? »

La France a-t-elle aujourd’hui les moyens de cette ambition là ?

Oui, la France a toutes ses chances dans la mondialisation, à condition de travailler plus, de veiller à l’égalité des chances, à ce que la société ne soit plus bloquée, à la justice fiscale, à cultiver nos atouts, à valoriser la créativité et à développer les infrastructures. Hélas, nos ministres et hauts fonctionnaires ont souvent un système de pensée archaïque, un schéma intellectuel d’énarques des années 70. Pendant ce temps-là, les classes moyennes affrontent la vie et dépriment.

Que faut-il faire ?

Il faut un vrai plan de redressement pour la France sur plusieurs années, avec d’abord la maitrise des comptes publics puis un plan de réduction d’impôts et de charges. Regardez l’Allemagne et la Suède, qui ont réussi dans la mondialisation avec des systèmes sociaux développés. Nous devons réagir tant que la France est encore un pays riche, ou seulement à moitié pauvre !
Je crois que la crise n’est pas encore réellement perçue concrètement par tout le monde, sauf pour les ouvriers licenciés, les jeunes confrontés à un système bloqué, et tous les entrepreneurs (commerçants, artisans libéraux et patrons de PME). Le pays s’enfonce, pourtant, la France aurait tous les atouts pour être un eldorado européen, avec une jeunesse tonique à qui il faut donner l’envie d’entreprendre.

Comment s’annonce l’année 2013 au Palais ?

2011 a été une excellente année, 2012, correcte. 2013 et 2014 s’annoncent bien, même très bien.

Et le Festival de Cannes, comment vivez-vous cet événement mondain ?

Je ne suis pas paillettes, le Festival est pour moi à la fois un partenaire, un client et surtout un événement hors normes qui contribue au rayonnement, à l’emploi et à l’identité si particulière de Cannes. Ce n’est pas seulement un événement mondain pour reprendre votre expression, c’est avant tout le plus grand festival du monde, le plus grand marché international du film, le carrefour de la diversité culturelle. Alors, ne boudons pas notre plaisir et notre fierté cannoise d’accueillir un tel rendez-vous. C’est un gros travail de réussir cela.
Et puis si tous « les mondains » du monde viennent à Cannes pour dépenser leur argent, c’est très bien ainsi, pendant et hors festival !

Le Palais s’implique auprès de la jeunesse cannoise

Le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, dirigé par David Lisnard, est sans nul doute très impliqué auprès de la jeunesse Cannoise. Le but ? Jouer un rôle d’accompagnateur à destination de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte en les formant aux carrières artistiques. Et c’est en leur proposant de participer à de grands événements cannois que le palais forme des générations futures. Après avoir reçu une formation théorique, les jeunes intègrent donc différents services du Palais pour parfaire leurs connaissances. « Chaque année nous accueillons entre 120 et 130 stagiaires et créons de nombreux partenariats avec des écoles du cru, explique David Lisnard. Nous nous sommes notamment associés avec des établissements pour le Cannes Shopping Festival comme le Lycée des Coteaux ou l’Ecole Aline Buffet. »

Cannes : Une université à la Bastide Rouge

Nouveau pôle d’attractivité, la Bastide Rouge à Cannes devrait accueillir dès 2017 un campus universitaire.  Générateur d’emplois, d’équipements publics et d’espaces verts, le projet s’accompagne d’une refonte complète des transports alentours permettant une véritable fertilisation croisée au sein du site.

« Offrir une meilleure qualité de vie tout en proposant une opération cohérente et prestigieuse » Le constat de Josiane Attuel, conseillère municipale déléguée à l’enseignement supérieur, est sans appel. « L’université qui prendra forme à la Bastide Rouge réunira les formations existantes et permettra d’exceller dans les trois domaines phares du tissu local. » En effet, le projet pédagogique sera axé sur diverses thématiques. Tout d’abord le pôle tourisme et hôtellerie de luxe, véritable réponse pour le bassin Cannois qui ne compte pas moins de 130 hôtels, 700 restaurants et six palaces. «  Nous voulons également développer le secteur du journalisme et de la communication en y réunissant les différentes formations. » explique David Lisnard, premier adjoint à la mairie de Cannes. Enfin, le dernier point concernera le cinéma et les technologies numériques et s’inscrira dans deux projets de grande ampleur ; la technopole de l’image et la cité du cinéma. Pour Frédérique Vidal, présidente de l’université de Nice-Sophia-Antipolis, il s’agit d’un réel aboutissement. «  Il faut développer des liens dans le monde socio-économique, des partenariats forts, fixer des caps précis, explique-t-elle. Entreprendre et créer, sont aussi des débouchés à prendre en compte après l’université. »

Analyser le projet

La ville de Cannes, l’Université de Nice-Sophia-Antipolis, le rectorat et le CROUS sont donc tombés d’accord sur la création d’un pôle universitaire à Cannes sur le site de la Bastide Rouge. Il devrait voir le jour en 2017 et accueillir, à terme, environ 1000 étudiants. Située au cœur d’un vaste parc paysager, desservi par le Bus à Haut Niveau de  Service, l’université jouxtera la pépinière d’entreprises (800 m2) ainsi que le fab-lab pour la réalisation de prototypes de produits high-tech. Le But ? Une véritable fertilisation croisée, comme l’avait voulue le sénateur Pierre Laffitte à Sophia Antipolis, entre les mondes de l’université, de la recherche et de l’économie. « Le but n’est pas  d’entrer en concurrence avec d’autres sites, nous sommes dans la complémentarité », précise Josiane Attuel. L’opération permettra la sortie de terre d’un bâtiment d’enseignement, de recherche et d’administration (3 000m2) dans un premier temps, puis d’un second bâtiment d’enseignement, de recherche. En mai dernier, le concours d’architecture était lancé. Un moyen de retenir trois candidats pour analyser différentes esquisses du projet. Le lauréat sera désigné par le conseil municipal en décembre prochain.

Un «  Beaubourg du Cinéma » à Cannes

Une légende, une passion, un rêve… Voilà ce que viendront chercher les futurs visiteurs de la Cité du Cinéma à Cannes. Images, souvenirs et émotions seront au rendez-vous dans cet écrin implanté sur un terrain de 4,2 hectares (dont 2,4 constructibles). La ville de Cannes lance donc un appel à projet pour concevoir cette future cité, véritable «  Beaubourg du Cinéma », face à la mer, à quelques pas du Palais des Festivals et des Congrès. Le musée devrait être bâti sur les terrains de la MJC Picaud et de la villa Rotschild. Centre culturel international unique au monde, ce lieu offrira une mémoire vivante du cinéma grâce à des équipements d’envergure, à forte valeur architecturale, sur la thématique du 7ème art pour asseoir le rayonnement culturel international de Cannes. En mars dernier, la ville a profité du MIPIM pour lancer un appel à idées et à investisseurs. Interactif et ludique, ce musée devrait être la continuité du festival du film. Financé et géré par le privé, la ville fournira terrain et fond culturel. Au total, l’opération devrait atteindre les 200 millions d’euros. La présentation des premiers projets devrait avoir lieu en septembre prochain pour commencer les travaux début 2015.

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